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Evaluation de l'efficacité d'une large campagne de vaccination contre les infections à méningocoques de sérogroupe C

Une vaste campagne de vaccination anti-méningococcique a été conduite au Québec au cours de l'hiver 1992-1993. Ceci a eu pour effet de diminuer fortement l'incidence des infections à méningocoque C dans cette population. Le vaccin polyosidique (polysaccharidique) s'est révélé efficace chez les adolescents mais pas chez les moins de deux ans.

Cette campagne de vaccination a été menée auprès de 1,9 millions de personnes résidant dans la province de Québec et âgés de 6 mois à 20 ans. Entre décembre 1992 et mars 1993, environ 1,6 millions de doses de vaccin polyosidique ont été distribuées.

Philippe De Wals (Université de Sherbrooke, Québec) et ses collaborateurs ont examiné l'incidence des infections à méningocoque de sérogroupe C au cours de la période 1990-1998 dans la population ciblée.

Durant cette période, 899 infections à méningocoque C ont été enregistrées.

"L'incidence des infections à méningocoque C a diminué après la campagne de vaccination massive, passant de 1,4 pour 100.000 en 1990-1992 à 0,3 pour 100.000 en 1993-1998".

L'incidence globale des infections dues aux autres sérogroupes est restée stable (0,7 pour 100.00), avec une légère augmentation des cas causés par le sérogroupe Y.

"La protection face aux infections à méningocoque C était prouvée dans les deux premières années après la vaccination (efficacité = 65 % ; IC 95 % = 20 % - 84 %) mais pas dans les trois années suivantes (efficacité = 0 % ; IC 95 % = -5 % - 65 %)", notent les chercheurs.

De plus, l'efficacité du vaccin était fortement liée à l'âge au moment de la vaccination. Cette efficacité était de 83 % pour les 15-20 ans, 75 % pour les 10-14 ans et 41 % pour les 2-9 ans.

"Il n'y avait aucune preuve de protection pour les enfants âgés de moins de 2 ans ; les huit cas d'infections à méningocoque C dans ce groupe d'âge sont survenus chez des enfants vaccinés", expliquent P. De Wals et ses collaborateurs.

"Finalement, le rapport coût-efficacité devrait être le critère retenu pour décider lequel du vaccin polyosidique ou conjugué doit être recommandé pour les différents groupes d'âge", ajoutent-ils. Selon eux, les résultats d'essais randomisés et d'études épidémiologiques sur les vaccins conjugués sont vraiment nécessaires et urgents pour comparer ces vaccins.

Source : JAMA 2001;285:177-181

Descripteur MESH : Vaccination , Bactériologie , Infections à méningocoques , Pédiatrie , Incidence , Québec , Population , Vaccins , Essais , Études épidémiologiques , Face , Mars , Personnes , Vaccins conjugués

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