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Les télomères les plus petits sont à l’origine de l’instabilité des chromosomes

Une étude américaine publiée dans la revue Cell montre que ce n’est pas la moyenne des longueurs des télomères chromosomiques mais bien la longueur des télomères les plus courts qui est à l’origine de l’instabilité génomique et donc de la viabilité cellulaire.

Habituellement, on associe la perte de fonction des chromosomes d’une cellule à la longueur moyenne de ses télomères, indispensables à leur stabilité. Un dysfonctionnement des télomères entraîne un réarrangement chromosomique anormal.

Des chercheurs de la Johns Hopkins University School of Medicine à Baltimore (EU), sachant que la perte de fonction des télomères induisait l’arrêt de la division des cellules et leur entrée en apoptose, se sont intéressés aux effets que le raccourcissement des télomères induisait sur la stabilité des cellules.

Afin d’analyser les réponses cellulaires au dysfonctionnement des télomères, les auteurs de l’étude ont croisé des souris porteuses de télomères courts (lignée mTR-/-G6) avec des souris ayant de longs télomères, hétérozygotes pour la télomérase (mTR+/-).

Les résultats ont montré que le phénotype de la descendance porteuse de la déficience en télomérase n’était pas différent de celui de ses parents, bien que la moitié de ses chromosomes soient courts.

Cependant, une analyse spectrale du caryotype au cours des divisions cellulaires a révélé que la perte fonctionnelle des télomères (e.g. les réarrangements aberrant des chromosomes entre eux) se produisait préférentiellement sur les chromosomes possédant les télomères les plus courts.

« Nos expériences suggèrent fortement que dès qu’un télomère commence à devenir très court, la cellule reconnaît ce signal comme une cassure de l’ADN », commente Carol Greider, l’auteur principal de l’étude.

«la cassure de l’ADN est souvent synonyme pour une cellule d’arrêt de la division ou du déclenchement de mort programmée pour se protéger du réarrangement chromosomique et du cancer», ajoute Greider.

Les chercheurs ont également constaté que chez le groupe de souris issues du croisement et porteuses de la télomérase fonctionnelle, celle-ci reconstruisait spécifiquement les télomères les plus courts de façon à restaurer leur fonctionnalité.

«Nos données indiquent clairement que ce n’est pas la moyenne des longueurs des télomères mais bien la longueur des plus courts qui conditionne le dysfonctionnement de ceux-ci et limite la survie cellulaire en absence de télomérase», ont conclut les auteurs.

Source : Cell 2001;107(1):66-77.

Descripteur MESH : Génomique , Chromosomes , Cellules , Analyse spectrale , Apoptose , Baltimore , Caryotype , Mort , Parents , Phénotype , Raccourcissement des télomères , Survie , Survie cellulaire , Télomère

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