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Fédération de Russie : les décès cardiovasculaires atteignent des niveaux records

La mortalité par maladie coronarienne et maladie cérébrovasculaire a atteint des niveaux excessivement élevés dans la Fédération de Russie. La tendance dans cette partie de l’Europe va à contre-sens de ce qui est observé dans la majorité des autres pays européens et dans le monde.

Une étude publiée dans la revue anglaise de cardiologie Heart rend compte de l’évolution des décès coronariens et cérébrovasculaires dans de nombreux pays au cours de la période 1965-1998. Pour cela, le Dr Fabio Levi (Registre vaudois des tumeurs, Lausanne) et son équipe ont utilisé les données recueillies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Malgré des variations significatives au cours de la période étudiée, la mortalité d’origine coronarienne dans l’Union Européenne est passée de 146/100.000 en 1965-1969 à 99/100.000 en 1995-1998 pour les hommes. Chez les femmes, ces chiffres étaient respectivement de 70/100.000 et 45/100.000. Cela correspond à un déclin de 39 % pour les hommes et 36 % pour les femmes. Pour les décès d’origine cérébrovasculaire, le déclin était supérieur 55 % pour les deux sexes.

Le groupe de Fabio Levi insiste sur les chiffres de la Fédération de Russie : « Dans la Fédération de Russie durant la période 1995-98, les taux de mortalité d’origine coronarienne ont atteint 330/100.000 hommes et 154/100.000 femmes et les taux de mortalité d’origine cérébrovasculaire étaient de 203/100.000 hommes et 150/100.000 femmes – c’est à dire qu’ils étaient parmi les taux les plus élevés du monde. »

Aux Etats-Unis, la mortalité liée à la maladie coronarienne ou à une pathologie cérébrovasculaire a diminué d’environ 60 % entre le milieu des années 60 et le milieu des années 90.

La position de la France est très enviable si l’on considère les faibles taux de mortalité de 1995-1998 par rapport aux 48 autres pays étudiés. Pour les décès coronariens, elle arrive respectivement en troisième et deuxième position pour les hommes (49,1/100.000) et les femmes (18,2/100.000). Pour les décès d’origine cérébrovasculaire, la France occupe respectivement la quatrième et la première place mondiale pour les hommes (31,3/100.000) et les femmes (21,2/100.000).

Les auteurs de cette étude expliquent que les baisses significatives et durables qui ont été observées dans certains pays sont imputables à une modification des habitudes de vie et à une meilleure alimentation. Par ailleurs, la contribution d’une meilleure prise en charge de l’hypertension artérielle n’est pas à sous-estimer, notamment pour les décès d’origine cérébrovasculaire.

Source : Heart 2002;88:119-24

SR

Descripteur MESH : Russie , Maladie , Mortalité , Maladie coronarienne , Femmes , Hommes , France , Cardiologie , Habitudes , Santé , Tumeurs , Vie

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