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Internet et médecine : ne pas oublier les personnes les moins favorisées

L'Internet comme support d'information médicale ou outil d'échange entre le médecin et le patient prend une ampleur grandissante aux USA. Cependant, une étude américaine souligne que ce développement de l'Internet médical pourrait se faire au détriment des classes les plus défavorisées pour lesquelles l'accès au web, bien que grandissant, reste limité par rapport aux classes les plus aisées.

Un nombre de plus en plus important d'Américains utilise l'Internet pour rechercher des informations médicales ou correspondre avec leur médecin traitant. Si l'usage purement médical de l'Internet est encore restreint, il semble néanmoins amené à se développer.

Dans une étude publiée dans Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, le Dr K. Mandl (Harvard Medical School de Boston) souligne la nécessité de faciliter l'accès au web pour les personnes les moins favorisées. "Les personnes de faibles revenus ou sans ordinateur pourraient être exclues des bénéfices de la médecine sur le web".

Il semblait donc essentiel de disposer d'un cliché du taux de pénétration de l'Internet dans les foyers et de définir les critères ou facteurs qui conditionnent l'accès à la toile. En 1999, le Dr Mandl et ses collaborateurs ont mené une étude auprès de 214 parents et patients de l'Hôpital pour Enfants de Boston.

Sur les 214 sujets interrogés, 72,8 % avaient un accès à l'Internet et/ou à un e-mail – soit une augmentation de 52,2 % par rapport à 1998 – et parmi eux 84,6 % l'utilisaient de façon quotidienne.

Plus de la moitié d'entre eux (58,9 %) disposaient d'une connexion au domicile et 58,8 % pouvaient consulter le web au bureau, à l'école, chez des amis ou dans des bibliothèques. Dans 90 % des foyers disposant d'un accès, plusieurs personnes utilisaient l'Internet. Environ un quart des personnes non connectées envisageait l'achat d'un ordinateur dans les 6 mois.

Dans plus d'un tiers des cas, le web avait déjà été utilisé spécifiquement pour la recherche d'informations médicales mais seulement 1,4 % y avaient recours pour communiquer avec leur médecin.

L'équipe de Mandl a noté que la population blanche était 2,5 fois plus connectée que la population afro-américaine et asiatique. Cependant, l'appartenance ethnique n'est pas un critère déterminant. En effet, le seul facteur significatif qui détermine l'accès à l'Internet est le revenu annuel de la famille. En prenant comme référence un revenu annuel supérieur à 60.000 $, il apparaît que les familles avec un revenu annuel compris entre 21.000 et 40.000 $ sont cinq fois moins connectées et celles avec un revenu inférieur à 20.000$ dix fois moins connectées.

Il est intéressant de noter que 56,5 % des personnes interrogées se déclarent intéressées par l'emploi de l'Internet ou du e-mail pour recevoir des informations sur leur enfants après une consultation dans un service d'urgence. Les raisons invoquées par les personnes non-intéressées sont majoritairement l'impossibilité de consulter le web ou un compte e-mail (53,8 %). Les autres réserves exprimées concernent principalement la confidentialité des informations sur le web et la sécurité du réseau.

L'utilisation de l'Internet pour le suivi des soins après une admission dans un service d'urgence répondrait à l'attente de plus de la moitié des sujets interrogés. La mise sur le marché de micro-ordinateurs performants et accessibles ainsi les "net box" (boîtiers de connexion via la télévision) devrait permettre d'équiper le plus grand nombre. Les auteurs précisent de plus que l'accès au web se fait souvent en dehors du domicile, ce qui implique la mise en place de systèmes sécurisés et confidentiels pour les utilisateurs "nomades".

Source : Arch Pediatr Adolesc Med. 2000;154:508-511

Descripteur MESH : Personnes , Médecine , Internet , Revenu , Boston , Population , Parents , Télévision , Soins , Sécurité , Réseau , Recherche , Patients , Adolescent , Ordinateurs , Famille , Emploi , Confidentialité , Bibliothèques , Amis

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