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La rubéole chez la femme enceinte et le nouveau-né en France métropolitaine en 1998

Les résultats pour l’année 1998 de la surveillance assurée par le réseau RENARUB constitué de 122 laboratoires d'analyses de biologie médicale, identifiés par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé dans le cadre du Contrôle de Qualité comme faisant la recherche des IgM antirubéoleuses, sont publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Ils montrent que l’année 1998 représente probablement pour la rubéole une année de faible activité de transmission qui, en l’absence d’amélioration de la couverture vaccinale dans les différents groupes-cible, devrait être suivie de nouvelles recrudescences dans les années à venir.

L’objectif du travail de Caroline Six et ses collègues biologistes du réseau RENARUB, en collaboration avec l’Institut de Veille Sanitaire (Saint Maurice), était de recenser, au niveau national, les infections rubéoleuses survenues en cours de grossesse ainsi que les rubéoles congénitales malformatives et plus largement, d'évaluer l'impact de la politique vaccinale mise en œuvre en France dans la perspective de l’élimination de la rubéole congénitale.

Comme le rappellent les auteurs, une primo-infection rubéoleuse certaine est définie, chez une femme enceinte dont l’immunité antérieure est négative ou inconnue, soit par la présence d’au moins 2 des 3 critères suivants : éruption cutanée datée ou contage rubéoleux daté, séroconversion des anticorps antirubéoleux, taux significatifs d’IgM antirubéoleuses sériques, soit par la présence d’un des deux critères précédents associée à une amplification génique du virus positive ou un taux d’IgM antirubéoleuses significatif sur prélèvement de sang foetal ou de liquide amniotique.

En 1998, ont été identifiées : 22 primo-infections certaines, 5 infections certaines et pas de réinfection certaine. Parmi ces 27 femmes, 3 ont donné naissance à un enfant atteint de rubéole congénitale malformative et une à un fœtus malformé.

Ainsi, l’incidence annuelle des infections rubéoleuses en cours de grossesse recensées en France métropolitaine par RENARUB est de 3,7/100 000 naissances vivantes en 1998, celle des rubéoles congénitales malformatives de 0,41 /100 000 naissances vivantes.

Selon les auteurs, depuis 1991, la composition du réseau et le nombre de laboratoires participants sont stables. Cependant, ils reconnaissent que le réseau sous-estime l’incidence réelle des infections rubéoleuses en cours de grossesse et des rubéoles congénitales malformatives pour diverses raisons telles que le manque d’exhaustivité de la liste des laboratoires pratiquant la recherche d’IgM antirubéoleuses et la non inclusion de cas dans l’analyse par manque d’information.

Ils ajoutent qu’en 1998, cinq cas d’infections probables n’ont pu être pris en compte dans l’analyse. De plus, les rubéoles asymptomatiques ou atypiques étant fréquentes, ces infections ne sont pas toujours diagnostiquées chez la femme enceinte.

Selon eux, les rubéoles congénitales malformatives sont également sous estimées par ce système de surveillance « car il ne recense pas les enfants pour lesquels les malformations sont diagnostiquées à distance de la naissance ».

Outre la nécessité d’améliorer rapidement et d’homogénéiser dans l’ensemble du pays la couverture vaccinale des nourrissons, le renforcement du rattrapage de la vaccination des jeunes filles et des femmes en âge de procréer non immunes apparaît « prioritaire » pour éviter la survenue prochaine de nouvelles bouffées épidémiques d’infections rubéoleuses durant la grossesse et des formes malformatives du nouveau-né et des ITG qui en sont les conséquences.

« En 1998, si les 8 femmes qui avaient des antécédents obstétricaux avaient été vaccinées à l’issue d’une grossesse antérieure, une rubéoles congénitales malformatives, 3 interruptions de grossesse et peut-être un avortement spontané, s’il était lié à l’infection rubéoleuse, auraient pu être évitées. La vaccination en post-partum des femmes dépistées séronégatives en cours de grossesse nécessite une sensibilisation et une vigilance accrues des cliniciens », concluent les auteurs.

Source : BEH, 2000.

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