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Règles abondantes et saignements anarchiques : quel traitement choisir ?

illustrationFondée sur l’analyse de la prise en charge de 88 000 femmes traitées par chirurgie pour un saignement utérin anormal de 2009 à 2015, l’étude rétrospective publiée en juin 2019 dans Plos One souligne la sous-utilisation des procédures mini-invasives comme le système NovaSure développé par Hologic. Ces procédures permettent en effet de proposer une solution efficace et sûre, moins invasive que l’hystérectomie, avec moins d’effets indésirables et à un coût moins élevé.

Si le traitement médical des saignements utérins anormaux est proposé en première intention (traitement hormonal, traitement du saignement par acide tranexamique ou bien anti-inflammatoire non stéroïdien), son efficacité oscille entre 50 et 70 % [4] et conduit souvent le médecin à proposer une solution chirurgicale en deuxième intention :

• curetage (chez les femmes souhaitant préserver leur fertilité) ;
• ablation chirurgicale du tissu qui tapisse l’utérus (endomètre)
– de première génération : abrasion électrique ou laser
– de deuxième génération, développées depuis les années 90 : ballon chauffant ou radiofréquences
• ablation chirurgicale classique de l’utérus (hystérectomie).

Ce sont ces différentes techniques qui ont été comparées dans l’étude publiée dans Plos One. Pour ce faire, les investigateurs se sont appuyés sur le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) qui rend compte de l’activité de tous les établissements hospitaliers publics français et qui permet de retracer tous les actes d’une prise en charge.


Les données du PMSI ont ainsi permis d’identifier 88 000 femmes âgées de 35 à 55 ans, ayant bénéficié d’une prise en charge chirurgicale pour des saignements utérins anormaux de 2009 à 2015. Le système d’information a permis de recenser tous les actes liés à d’éventuelles complications ou à des réinterventions pour cause d’échec et de reconstituer les coûts globaux liés à la prise en charge.


Les conclusions de l’étude ont montré l’intérêt des procédures d’ablation de deuxième génération : celles-ci obtiennent de très bons résultats avec un faible taux d’échec, à 18 mois : 9,9 % contre 12,7 % pour les procédures de première génération et 20, 8 % pour le curetage. L’hystérectomie, encore très utilisée (21,1 % des traitements chirurgicaux) est la seule à obtenir de meilleurs résultats (2,8 % d’échec à 18 mois), mais elle comporte un taux de complications supérieur (5,3 % contre 1,9 % pour les procédures de deuxième génération).


« Ces résultats confortent les résultats d’études antérieures et soulignent les bénéfices des procédures chirurgicales de deuxième génération, explique le professeur Hervé Fernandez, chef du service de gynécologie obstétrique du CHU du Kremlin-Bicêtre, président de la Société de chirurgie gynécologique et pelvienne, co-auteur de l’article publié dans la revue Plos One. L’étude montre cependant qu’elles ne sont utilisées que dans moins de 10 % des chirurgies, contrairement aux recommandations émises par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) dès 2008. La publication de ces résultats permet de rappeler aux gynécologues médicaux et chirurgicaux que ces traitements chirurgicaux simples, mini-invasifs sont associés à une meilleure efficacité et probablement à l’optimisation des prises en charge économiques. »

 

Quelques repères

Règles anormalement abondantes ou pertes de sang anarchiques, les saignements utérins anormaux concernent 15 % des femmes entre la puberté et la ménopause et jusqu’à 25 % entre 36 et 50 ans. Une étude récente réalisée dans cinq pays européens a même montré que 27,2 % des femmes en âge de procréer avaient présenté un ou plusieurs saignements utérins anormaux au cours de l’année précédente3.

Si ces saignements ne sont pas toujours repérés par le médecin traitant ou le gynécologue, ils nécessitent une consultation, car ils peuvent révéler une pathologie sous-jacente — comme la présence de fibromes — et parce qu’ils ont un impact sur la qualité de vie, voire la santé des femmes (lire l’encadré ci-dessous).

Quand faut-il consulter ?

Il est recommandé de consulter lorsque les règles durent plus de 7 jours et/ou sont abondantes avec une perte de sang supérieure à 80 ml entraînant une dégradation de la qualité de vie.

Afin de mieux évaluer le flux, le Pictorial Blood Assessment Chart (PBAC) est un score validé qui permet d’évaluer en image la perte de sang. Pour faire le test : https://www.reglesabondantes.fr/faites-le-test/

 

L’impact des règles anormalement abondantes sur la qualité de vie

Une récente étude réalisée auprès de 1000 femmes ayant ou ayant eu des règles abondantes a ainsi mis en évidence que  :

• 58 % ne se sentaient pas capables de mener leurs activités habituelles pendant au moins 1 jour par cycle.

• Près d’1 femme sur 2 (48 %) avait déjà dû s’absenter du travail en raison de ses règles abondantes.

• 74 % d’entre elles ressentaient de l’anxiété et 69 % avaient déjà eu un épisode dépressif.

• 87 % ressentaient une extrême fatigue et près d’1 femme sur 2 (49 %) était anémiée.

• 72 % affirmaient que leur vie sexuelle était affectée par les règles abondantes.

À propos de Hologic

En tant que leader mondial dans le domaine de la santé de la femme et du diagnostic, nous nous efforçons de fournir à nos clients des technologies innovantes dans le but d’améliorer la vie des patientes. Nous sommes passionnés et déterminés à atteindre notre objectif ; c’est ce que nous appelons « The Science of Sure ». Cette philosophie s’étend à toute notre gamme de solutions : le Diagnostic, la Chirurgie Gynécologique, la Santé Mammaire et Osseuse ainsi que l’Esthétique Médicale. En redéfinissant la santé gynécologique, Hologic permet à des femmes du monde entier de surmonter des problèmes utérins stressants, douloureux et altérant leur qualité de vie. Nous considérons qu’il est de notre responsabilité de repousser les limites de la science pour offrir toujours plus de satisfaction. 

 

1 Sondage réalisé par Opinium Research pour Hologic, entre juillet et août 2017, en Grande-Bretagne, auprès de 1 000 femmes souffrant de règles abondantes. Pour en savoir plus : https : //www.regles- abondantes.fr/regles-abondantes/#impactsauquotidien
2 The surgical treatment of idiopathic abnormal uterine bleeding : an analysis of 88 000 patients from the
French exhaustive national hospital discharge datatbase from 2009 to 2015, De Lélotoing et al. -Plos One, Juillet 2019 https://journals.plos.org/plosone/article/comments?id=10.1371/journal.pone.0217579
3 Prevalence of heavy menstrual bleeding and experiences of affected women in a European patient survey, Fraser IS et al. - International Journal of Gynecolgy & Obstetrics, mars 2015 - 128(3):196-200)
4 : Prise en charge des ménométrorragies, H. Fernandez*, P. Descamps - La Lettre du Gynécologue • N° 420 - mai-juin 2019

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