Covid-19 et Ivermectine : rien ne justifie une prescription en routine selon la revue Cochrane

illustrationL’usage de l’Ivermectine en prévention ou en traitement de la covid-19 n’est pas fondé scientifiquement en dehors du contexte d’essais cliniques selon la revue Cochrane qui a publié le 28 juillet, une revue exhaustive de la littérature disponible jusqu’au 26 mai 2021. Si les preuves manquent à ce stade, l’évaluation se poursuit dans 31 études en cours.

« Nous n’avons pas trouvé de données probantes soutenant l’utilisation de l’ivermectine dans le traitement ou la prévention de la COVID-19, mais la base de données probantes est limitée. »

Les auteurs ont cherché des essais contrôlés randomisés qui étudiaient sur l’homme les effets de l’ivermectine dans la prévention et le traitement de la COVID-19. Les patients devaient avoir un diagnostic confirmé par un test biologique pour que l’essai puisse être inclus dans l’analyse. Ont été exclues les études qui comparaient l’ivermectine « à d’autres médicaments qui ne fonctionnent pas, comme l’hydroxychloroquine, ou qui ne sont pas connus pour être efficaces contre la COVID-19 ». Les risques de biais ont été évalués à l’outil Cochrane « Risk of bias 2 » et le niveau de preuve à l’aide du système « GRADE »

Seulement 14 essais contrôlés randomisés portant sur un total de 1 678 adultes ont ainsi été analysés. Six des études étaient en double aveugle et contrôlées par placebo. Neuf des 14 études portaient sur des cas modérés de COVID-19 en milieu hospitalier, quatre sur des cas légers chez des patients traités en médecine de ville, et une sur l’utilisation de l’ivermectine à titre préventif.

Pour les patients hospitalisés, évaluation du risque relatif avec un IC à 95 %

Mortalité

0,60 [0,14–2,51]

2 études, 185 participants, niveau de confiance très faible.

Aggravation clinique jusqu’au 28e jour, évaluée avec un besoin de ventilation mécanique invasive ou la nécessité d’une oxygénation supplémentaire :

0,55 [0,11 à 2,59]

3 études, 230 participants, niveau de confiance très faible.

Événements indésirables dans les 28 jours

1,21 [0,5–2,97]

1 étude, 152 participants, niveau de confiance très faible.

Clairance virale à J+7

1,82 [0,51–6,48]

2 études, 159 participants, niveau de confiance très faible

Amélioration clinique à j +28

1,03 [0,78 – 1,35]

1 étude ; 73 participants, niveau de confiance faible

Durée de l’hospitalisation :

-0.1 jour [-2,43 - 2,23]

1 étude ; 45 participants ; niveau de confiance faible

Pour les patients traités en médecine de ville, évaluation du risque relatif avec un IC à 95 %

Réduction ou augmentation de la Mortalité à j+28

0,33 [0,01–8,05]

2 études, 422 participants, niveau de confiance très faible.

Aggravation clinique jusqu’au 14e jour, évaluée avec un besoin de ventilation mécanique invasive ou la nécessité d’une oxygénation supplémentaire :

2,97 [0,12 à 72,47]

1 étude, 398 participants, niveau de confiance très faible.

Clairance virale à J+7

3 [0,13–67,06]

1 étude, 24 participants, niveau de confiance très faible

Amélioration des symptômes à j +14

1,04 [0,89 – 1,21]

1 étude ; 398 participants, niveau de confiance très faible

Événements indésirables à j+28

0.95 [0,86 - 1,05]

2 études ; 422 participants, niveau de confiance faible

Après analyse des essais inclus, c’est l’incertitude qui prévaut sur tous les critères d’efficacité et de tolérance de l’ivermectine utilisée dans le traitement ou la prévention de la COVID-19 à l’hôpital, ou en ambulatoire.

« L’absence de données de bonne qualité sur l’efficacité et la sécurité de l’ivermectine est due à un ensemble d’études constitué principalement de petits essais randomisés de puissance insuffisante, dont la qualité est globalement limitée en ce qui concerne la conception, la conduite et le compte rendu de l’étude. Les données actuelles ne plaident pas en faveur de l’utilisation de l’ivermectine pour le traitement ou la prévention du COVID-19. » détaillent Maria Popp et Stéphanie Weibel dans un communiqué.

« Plusieurs études sont en cours et pourraient apporter des réponses plus claires dans les mises à jour de la revue. Dans l’ensemble, les données probantes fiables disponibles ne soutiennent pas l’utilisation de l’ivermectine dans le traitement ou la prévention de la COVID-19 en dehors d’essais randomisés bien conçus. »

Aucune preuve scientifique solide ne soutient donc à ce jour l’usage de l’ivermectine en routine pour prévenir ou traiter la covid-19.

 

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Descripteur MESH : Littérature , Essais , Patients , Placebo , Diagnostic , Temps , Médecine , Personnes , Sécurité , Base de données

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