Un médecin urgentiste condamné à 5 mois de prison avec sursis

illustrationUn ancien médecin urgentiste qui assurait des gardes de régulation au Samu du Bas-Rhin a été condamné à cinq mois de prison avec sursis pour « non-assistance à personne en danger ».

Le 16 juillet 2016, le voisin d’une octogénaire qui venait de faire un malaise vagal contacte en urgence le Samu du Bas-Rhin. Le régulateur fait appel à SOS Médecins et raccroche. Trente minutes plus tard, alors que les secours n’étaient pas encore arrivés et que l’état de la patiente s’aggrave, le voisin rappelle, excédé par les délais et exprime son agacement.

Le médecin régulateur prend alors l’appel et répond au voisin « “Il ne faut pas parler comme ça. Madame ne va pas mourir. Il n’y a que la connerie qui tue » avant de lui raccrocher au nez.

Malheureusement, deux heures plus tard, l’équipe de terrain a constaté la gravité de l’état de l’octogénaire et l’a transportée en réanimation à l’hôpital. Elle est décédée deux jours plus tard d’une rupture d’anévrisme. L’enquête a démontré que même une prise en charge plus rapide n’aurait pas changé le résultat fatal.

Le médecin régulateur a été poursuivi pour non-assistance à personne en danger. Il a reconnu sa faute et un « mouvement d’humeur », en expliquant qu’il s’était fié au dossier établi par sa collègue sans chercher à en savoir plus.

« Ma réponse était inappropriée, je me suis fié au dossier déjà établi par ma collègue, qui concluait à un malaise vagal, sans chercher à en savoir plus ».

Le médecin a eu beau rappeler les difficultés liées au rythme des gardes, qui pouvaient atteindre plus de 70 heures par semaine et 24 heures d’affilée, expliquer son épuisement personnel en raison de ses responsabilités en tant qu’aidant auprès de ses parents, la juge a décidé de le condamner à cinq mois de prison avec sursis sans pour autant lui imputer l’erreur de diagnostic.

Source : DNA

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