Médecins libéraux : le ton monte d’un cran à la veille du rendez-vous parisien du 10 janvier
Paris, 10 janvier : du Panthéon à la place Vauban, une démonstration unitaire
Le cadre de la journée est fixé : rassemblement à partir de 13 h, départ à 14 h depuis le Panthéon, arrivée annoncée vers 17 h place Vauban, à proximité du ministère chargé de la Santé.[1] Pour les organisations, la date doit matérialiser l’unité d’un front syndical rarement aussi large. Dans une chronique publiée le 5 janvier, l’intersyndicale tient l’unité et stabilise un calendrier resserré : dix jours de mobilisation et un temps fort parisien.[2]
PLFSS 2026, prescriptions, DMP : une contestation multiforme
Le cœur du bras de fer reste le PLFSS 2026 (projet de loi de financement de la Sécurité sociale). Une analyse publiée mi-décembre rappelle que l’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) y est fixé à 270,4 milliards d’euros, en hausse de 1,6 %, une trajectoire jugée trop contrainte par une partie des syndicats.[3] À cette lecture budgétaire s’ajoute une inquiétude plus politique : la profession dit redouter un pilotage « par la norme », au détriment de la négociation conventionnelle.
DMP : un outil numérique devenu marqueur
Parmi les sujets qui ont cristallisé la colère, le DMP (Dossier médical partagé), intégré à Mon espace santé, s’est imposé comme un symbole. Un article daté du 29 décembre rapporte qu’il pourrait devenir plus contraignant, jusqu’à évoquer des pénalités en cas de non-alimentation ou de non-consultation, ce que les syndicats dénoncent comme une logique de traçabilité sanctionnante.[4] Pour approfondir cet angle, voir le DMP au cœur de la colère.[4]
Liberté d’installation : un nouveau front
Autre ligne de fracture : la liberté d’installation. Une analyse publiée début janvier décrit ce volet comme un « nouveau front » du conflit, au moment où certains responsables politiques remettent sur la table des mécanismes de régulation territoriale de l’offre de soins.[5] Repères et arguments sont détaillés dans la liberté d’installation, nouveau front d’un bras de fer avec l’État.[5]
Mesurer la grève : des chiffres fragmentaires, des signaux convergents
La mesure de la participation demeure délicate : les sources disponibles ne recouvrent pas les mêmes périmètres et il n’existe pas de comptage public unifié des grévistes. Un article publié dans la presse nationale rapporte néanmoins les premières estimations communiquées par la ministre de la Santé : le lundi 5 janvier, l’activité aurait baissé de 15 % chez les généralistes et de 6 % chez les spécialistes.[7]
Du côté des indicateurs syndicaux, une synthèse publiée début janvier souligne le caractère « mouvant » des chiffres et décrit une mobilisation annoncée massive, sur fond d’épidémies hivernales et de tension croissante sur la régulation.[6] APMnews, relayé par la Société française de médecine d’urgence (SFMU), indique par ailleurs que la plateforme de déclaration des grévistes totalisait plus de 16 000 inscriptions le soir du 5 janvier, et avance que, côté spécialistes, près de 80 % des adhérents auraient déclaré fermer leurs cabinets selon plusieurs syndicats.[10]
Le bloc opératoire prépare un départ symbolique vers Bruxelles
Au lendemain de la manifestation parisienne, les spécialités de bloc annoncent une séquence distincte. Un communiqué daté du 9 janvier 2026 annonce un « exil symbolique à Bruxelles » dès le dimanche 11 janvier, avec une mobilisation attendue d’« environ 2 000 praticiens du bloc opératoire (chirurgiens, anesthésistes, gynécologues obstétriciens) ».[9]
Sur l’organisation, le communiqué détaille un rassemblement des praticiens à partir de 12h00 et un départ progressif du convoi à partir de 13h30, au départ de Paris Porte Dauphine – avenue Foch (Paris 16e).[9] Les signataires affirment aussi : « L’ensemble des blocs opératoires est impacté jusqu’au 15 janvier 2026. La continuité des soins pour les patients hospitalisés demeure assurée. »[9]
« Ils prennent en charge sans liste d’attente plus de 60% des Français en chirurgie et participent à la gestion des urgences 24/24h, 365 jours par an. »[9]
« Maltraiter les soignants, c’est maltraiter les patients. »[9]
Réquisitions et continuité des soins : un équilibre fragile
La question des réquisitions occupe désormais le devant de la scène dans le privé, là où la baisse de l’activité opératoire programmée peut rapidement se traduire en reports. Le communiqué du Bloc évoque des « réquisitions massives » et les qualifie « parfois illégales », une accusation qui engage un débat juridique et organisationnel sur les critères de non-différabilité, les lignes d’astreinte et la PDSES (permanence des soins en établissement de santé).[9]
Sur le versant « médecine de ville », les autorités sanitaires rappellent les consignes de régulation. L’ARS Pays de la Loire conseille de contacter son cabinet avant de se déplacer, de privilégier la régulation médicale et, en cas d’urgence, d’appeler le 15 avant tout déplacement vers les urgences ; pour les soirs et week-ends, l’agence renvoie aussi vers le 116 117.[8] Une analyse publiée début janvier signale enfin que la montée en charge du mouvement a suscité des alertes autour du Samu-SAS (service d’accès aux soins), avec un risque d’afflux d’appels et de saturation de la régulation en période hivernale.[6]
Références
1. FNMR, « Mobilisation du 10 janvier 2026 », consulté le 10/01/2026 : https://fnmr.fr/mobilisation-du-10-janvier-2026/
2. Caducee.net, « Grève des médecins : l’intersyndicale tient l’unité », 05/01/2026 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16739/greve-des-medecins-l-intersyndicale-tient-l-unite.html
3. Caducee.net, « Les médecins libéraux unis annoncent une mobilisation “historique” en janvier », 15/12/2025 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16725/les-medecins-liberaux-unis-annoncent-une-mobilisation-historique-en-janvier.html
4. Caducee.net, « Grève des médecins libéraux en janvier 2026 : le DMP au cœur de la colère », 29/12/2025 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16733/greve-des-medecins-liberaux-en-janvier-2026-le-dmp-au-coeur-de-la-colere.html
5. Caducee.net, « Grève des médecins libéraux : la liberté d’installation, nouveau front d’un bras de fer avec l’État », 03/01/2026 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16738/greve-des-medecins-liberaux-la-liberte-d-installation-nouveau-front-d-un-bras-de-fer-avec-l-etat.html
6. Caducee.net, « Grève des médecins libéraux : mobilisation annoncée massive, Samu-SAS sous tension dès le deuxième jour », 07/01/2026 : https://www.caducee.net/actualite-medicale/16741/greve-des-medecins-liberaux-mobilisation-annoncee-massive-samu-sas-sous-tension-des-le-deuxieme-jour.html
7. Le Monde, « Mobilisation des médecins libéraux : aux racines de la colère », 08/01/2026 : https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/08/mobilisation-des-medecins-liberaux-aux-racines-de-la-colere_6660947_3224.html
8. ARS Pays de la Loire, « Grève des médecins libéraux du 5 au 15 janvier 2026 : conseils à la population », 05/01/2026 : https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/greve-des-medecins-liberaux-du-5-au-15-janvier-2026-conseils-la-population-1
9. Avenir Spé–Le Bloc, « Dimanche, le bloc opératoire français quitte le territoire », communiqué de presse, 09/01/2026 (document transmis).
10. SFMU / APMnews, « La grève des médecins libéraux s’annonce “très suivie”, selon les syndicats et la FHP », 05/01/2026 : https://www.sfmu.org/fr/actualites/actualites-de-l-urgences/la-greve-des-medecins-liberaux-s-annonce-tres-suivie-selon-les-syndicats-et-la-fhp/new_id/70811
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