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Le Pr Raoult n’a « rien à craindre » des poursuites menées par l’Ordre des médecins selon Me Di Vizio

illustrationC’est son avocat, Me Fabrice Di Vizio, qui l’annonce ce matin par voie de communiqué. L’éminent infectiologue Didier Raoult fait l’objet de poursuites par l’Ordre départemental des médecins des Bouches-du-Rhône, à la suite notamment d’un signalement de l’Ordre national des médecins. Selon le journal le Parisien, l’institution ordinale lui reprocherait plusieurs entorses au code de déontologie : information erronée du public, exposition des patients à un risque injustifié, charlatanisme et violation de la confraternité.

Le Pr Raoult a été convoqué le 6 octobre dernier par le conseil départemental des Bouches du Rhône. À la suite de cette audition de deux heures qui se serait déroulée dans une ambiance tendue, l’institution ordinale a décidé de porter plainte contre le Pr Raoult. Il devrait être entendu par la chambre disciplinaire régionale dans les mois qui viennent et encourt une peine de radiation.

Cette mise en accusation fait suite à diverses plaintes et signalement. Si la la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), avait déposé plainte en juillet dernier pour de multiples entorses au code de déontologie médicale, un groupe de 5 médecins hospitaliers lui reproche également de « prôner et prescrire des thérapeutiques et associations médicamenteuses non éprouvées, au minimum inefficace, au pire dangereuses » selon le Parisien.

 

Sur le sujet : Plainte de la SPILF : pourquoi le Professeur RAOULT ne risque-t-il (probablement) rien ?

 

Pour Me Di Vizio, les institutions ordinales se sont illustrées par leur silence et leur abstention depuis le début de la crise.

Fabrice Di Vizio s’interroge sur les motivations de l’institution ordinale dans cette affaire. Il pointe les propres manquements de l’Ordre dans la dégradation de la qualité des échanges entre médecins, et son manque d’implication, son silence et son abstention dans la défense et la représentation des médecins dans les différentes « affaires » qui ont jalonné la crise sanitaire de la COVID-19.

Un collectif de médecins a dû, dès le mois de mars, saisir le tribunal administratif pour obtenir des masques FFP2, toujours refusés à cette heure au personnel hospitalier, sans que les autorités ordinales n’interviennent.

Certaines directions hospitalières demandent aux soignants de venir travailler, tout en étant positifs au covid-19 et symptomatiques, sans que les institutions ordinales ne trouvent rien à redire.

Des médecins sont morts, et pourtant aucune plainte devant la Cour de Justice de la République ou devant le Parquet de de Paris, n’émane de l’Ordre national des médecins.

Les seules actions menées par ce dernier au long des mois auront consisté uniquement à signaler les médecins qui traitaient leurs patients, réclamant des poursuites contre eux, et maintenant c’est le tour du Professeur Raoult.

L’Ordre n’aura guère eu le même égard s’agissant des promoteurs du Remdivisir, ni se sera étonné de ce qu’un traitement inefficace et dangereux soit promu par les autorités sanitaires.

L’annonce des poursuites ordinales contre le Prof. Didier Raoult amène une série de questions sur les motivations des institutions ordinales et avec elles de leur avenir :

  • S’agit-il de craindre que de nombreux autres médecins à la parole publique doivent aujourd’hui craindre des poursuites ou le Professeur RAOULT bénéficie-t-il d’un traitement d’exception ?
  • Pourquoi les instances ordinales n’ont-elles pas agi plus tôt, en déposant elles aussi des plaintes devant la CJR, afin de porter la voix des médecins décédés ou tout simplement contaminés ?
  • Pourquoi ne se sont-elles pas jointes aux actions des professionnels de santé, alors qu’on leur refusait, et on leur refuse encore, des protections indispensables ? 
  • L’Ordre joue-t-il encore son rôle principal de corps représentatif des médecins ou est-il devenu un gendarme de la pensée unique ?

« Cela fait des mois qu’il y a un problème avec les institutions ordinales. Depuis le début de l’année, il aurait pu jouer un rôle régulateur important — notamment en ce qui concerne les prises de paroles de médecins en public et sur les réseaux sociaux. Il aurait pu intervenir quand The Lancet a publié une étude faussée. Il aurait dû se joindre aux actions menées par des médecins pour faire la lumière sur la gestion de la crise.

Mais il n’a rien fait. Il a laissé les clivages entre confrères s’installer — au point que Didier Raoult aura reçu des menaces de mort de certains médecins, qu’il est régulièrement injurié sur les réseaux sociaux par certains confrères, tandis qu’au sein même de l’ordre départemental des Bouches-du-Rhône, certains conseillers ordinaux n’hésitent pas à dénigrer publiquement les praticiens de l’IHU de Marseille, Professeur RAOULT en tête, au mépris des règles déontologiques élémentaires sans que cela n’émeuve qui que ce soit.

Pendant ce temps, le Professeur RAOULT et ses équipes réussissaient massivement là où les autorités sanitaires échouaient : ils testaient massivement, prenaient en charge les patients assuraient leur suivi, jouaient en somme leur rôle de cliniciens.

 Le Professeur RAOULT n’a rien à craindre de cette procédure et a hâte de s’expliquer devant ses pairs », Me Fabrice Di Vizio.

 

Sur le sujet : Déontologie médicale fin de partie

Descripteur MESH : Médecins , Patients , Déontologie , Risque , Charlatanisme , Rôle , Lumière , Paris , Santé , Personnel hospitalier , Voix , Temps , Tête , Mars , Conseil , Parole , Mort , Langue , Joue

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