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En colère, oubliées, les infirmières se mobilisent le 20 novembre pour défendre leur place dans le système de santé

illustrationLes infirmières se sentent oubliées du plan de transformation du système de santé présenté par Emmanuel Macron. Alors qu'elles constituent un élément de réponse incontournable aux enjeux des déserts médicaux, de l'accès aux soins non programmés et des soins de proximité, elles déplorent que ce plan, trop médico centré, ne leur offre ni moyen ni outil supplémentaire.

Le 20 novembre 2018, 16 organisations de la profession (AFIDTN, AEEIBO, ANDPE, CEEIADE, CNI, CI, FNI, ONSIL, SNIA, SNIBO, SNICS, SNIES-­‐UNSA, SNIIL, SNPI, UNAIBODE, UNIDEL) appellent à une mobilisation générale et unitaire incluant :

- manifestations infirmières dans tout le pays
- grève des infirmiers hospitaliers et salariés
- et refus de toute nouvelle prise en charge de patient pendant cette journée pour les infirmières libérales.

Leur mot d'ordre est rappeler aux autorités de tutelle qu'il ne peut exister de transformation du système de santé efficiente sans reconnaissance et valorisation équitable des acteurs de première ligne que sont les 660 000 infirmières et infirmiers.

Les infirmières veulent plus de moyens pour répondre aux besoins de leurs patients

Les infirmières sont en colère, car elles n’ont pas vu dans le train de mesures proposées, les réponses adaptées au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de malades chroniques qu’elles accompagnent quotidiennement. Pour elles, il aurait été bien plus urgent d’investir de 200 millions d’euros par an dans les EHPAD où les scènes de maltraitance sont courantes plutôt que de financer 4000 postes d’assistants médicaux.

Les négociations conventionnelles constituent le second point de crispation.

Alors qu’elles ont l’impression de proposer des réponses adaptées aux enjeux de santé publique du moment, et que leurs revenus s’étiolent depuis plusieurs années, les négociations avec la CNAM sont au point mort.
Pourtant les infirmiers sont les derniers professionnels de santé à opérer un maillage complet du territoire en se déplaçant quotidiennement au domicile de leurs patients.

Les infirmiers ont donc un rôle central à jouer non seulement dans le virage ambulatoire que les autorités de tutelles appellent de leurs vœux, mais aussi dans la lutte contre les déserts médicaux. L’observance thérapeutique, le bilan d’évaluation des plaies, la chimiothérapie orale, les consultations de suivi, le bilan de soins infirmiers sont autant de points d’achoppements avec la CNAM qui sont perçus comme un manque considération à leur égard.

Pour la profession, il est grand temps de dépoussiérer le décret d'actes et d'exercice datant de 2002 en l'enrichissant avec des actes qui correspondent aux compétences des infirmiers et sont en adéquation avec les besoins des patients et l'intérêt supérieur du système de santé.

Les revendications des infirmiers

- doter les établissements de soins de moyens financiers leur permettant de financer le recrutement d'effectifs proportionnels aux charges de travail (en incluant la fonction tutorale et d’encadrement), mais aussi de pallier l’absentéisme et de gérer des postes aménagés ;
- intégrer la profession dans un processus d'universitarisation allant de la licence au doctorat ;
- mettre en œuvre une reprise concrète de la réingénierie des spécialités afin d'apporter aux usagers du système la qualité des soins qu'ils sont en droit d'attendre ;
- accorder aux 120 000 infirmières libérales les moyens et les prérogatives nécessaires pour absorber un virage ambulatoire à la hauteur des ambitions affichées dans un contexte de désertification médicale. En clair, inscrire dans le champ conventionnel des mesures permettant de combattre l'engorgement des services d'urgences et qui favorisent le maintien à domicile des patients : autant de conditions essentielles à la reprise de négociations conventionnelles sereines;
- reconnaître totalement le rôle propre infirmier, en faisant de l’infirmier libéral le spécialiste du soin à domicile : ce dernier pourrait alors, après avis du médecin, participer à la décision d’inclusion ou non du patient au sein des SSIAD ou HAD selon le type de prise en charge dont il a besoin;
- développer la consultation infirmière et l’accès direct aux infirmier.e.s, y compris pour le suivi de certains patients chroniques et des personnes âgées en risque de dépendance avec renvoi au médecin traitant en cas de problème
- reconnaître la pénibilité professionnelle, y compris pour les libéraux;
- inclure systématiquement les professionnels de la filière infirmière dans toutes leurs composantes (exercice salarié, libéral, éducation nationale…) dans toute concertation sur les sujets de santé publique, au même titre que les médecins;
- réviser la Nomenclature Générale des Actes Professionnels;
- la revalorisation des primes de week-end et de nuit permettant une rémunération décente des contraintes liées aux obligations de continuité des soins;
- la revalorisation salariale de tous les professionnels de santé au regard de leurs responsabilités et compétences.

 

Mobilisation générale infirmière du 20 novembre : la carte des rassemblements

Descripteur MESH : Colère , Soins , Santé , Infirmiers , Mort , Thérapeutique , Soins infirmiers , Rôle , Vieillissement , Santé publique , Lutte , Patients , Population

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