Tessan en redressement judiciaire, les cabines de téléconsultation à l’épreuve du modèle économique

Tessan en redressement judiciaire, les cabines de téléconsultation à l’épreuve du modèle économique Tessan Med, acteur français de la téléconsultation assistée, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Paris. L’entreprise assure poursuivre son activité, mais cette procédure relance les interrogations sur la solidité économique des cabines et bornes déployées en pharmacie, en optique et dans d’autres lieux de santé.[1][2]

À retenir

• Le redressement judiciaire de Tessan Med a été ouvert le 28 avril 2026.

• Tessan revendique plus de 1 700 partenaires équipés et plus de 3 500 patients pris en charge chaque jour.

• Pour les pharmacies et les autres partenaires, la continuité des téléconsultations et de la maintenance devient le principal point de vigilance.

Une procédure ouverte depuis fin avril

Selon le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC), le jugement d’ouverture concernant Tessan Med date du 28 avril 2026, avec une cessation des paiements fixée au 16 juin 2025. La holding Tessan Group est également concernée par une procédure ouverte le même jour, avec une cessation des paiements arrêtée au 28 octobre 2024.[1][2]

Dans un message transmis à l’AFP, Tessan affirme avoir engagé cette procédure pour « créer les conditions d’un développement plus solide, plus rentable et plus durable ». L’entreprise assure que l’activité « continue normalement » et revendique plus de 1 700 partenaires équipés, plus de 500 médecins engagés et plus de 3 500 patients pris en charge chaque jour.[3]

Une dette URSSAF au cœur du dossier

D’après L’Ouïe Magazine, qui relaie les explications du PDG Jordan Cohen au Quotidien du pharmacien, une créance liée à l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) représenterait près de 90 % du passif. La société aurait réduit ses effectifs de 145 à 95 collaborateurs et viserait une sortie de procédure à l’automne 2026.[4]

Pour les pharmacies, les opticiens et les autres structures équipées, l’enjeu immédiat porte moins sur l’annonce judiciaire que sur la continuité concrète du service : téléconsultations, maintenance des dispositifs et assistance technique. Tessan affirme avoir écrit à ses partenaires pour les rassurer sur ces points.[4]

Un signal d’alerte pour la téléconsultation assistée

Cette procédure intervient dans un secteur encore en recherche d’équilibre. En 2024, 15 % des adultes déclaraient avoir eu recours à la téléconsultation au moins une fois dans l’année, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). L’usage reste toutefois plus fréquent chez les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes.[5]

Le dossier Tessan rappelle ainsi que le déploiement de la téléconsultation assistée ne dépend pas seulement de la demande médicale ou de la promesse d’accès aux soins. Il repose aussi sur la capacité des opérateurs à financer durablement leurs équipements, leur maintenance et leur réseau médical, dans un marché où les usages progressent sans garantir à eux seuls la rentabilité. Dans ce contexte, la dynamique encore fragile de la téléconsultation et les controverses récurrentes autour des cabines en officine et dans la distribution restent des points de repère utiles pour situer le dossier.[6][7]

Références

[1] Pappers / BODACC, « Société TESSAN MED : procédures collectives », publication BODACC du 15 mai 2026.

[2] Pappers / BODACC, « Société TESSAN GROUP : procédures collectives », publication BODACC du 15 mai 2026.

[3] AFP / TradingView, « Téléconsultation : les cabines Tessan en redressement judiciaire », 5 juin 2026.

[4] L’Ouïe Magazine, « Tessan en redressement judiciaire : la start-up cherche à rassurer ses partenaires », 5 juin 2026.

[5] DREES, « Les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes recourent davantage aux téléconsultations », 12 février 2026.

[6] Caducee.net, « Téléconsultation : entre espoirs, limites et relance nécessaire », 9 avril 2025.

[7] Caducee.net, « Des cabines de téléconsultations médicales chez Monoprix suscitent la polémique », 23 avril 2021.

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