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ROR : mythes et réalités

1-Puisque le vaccin ROR existe, les vaccins monovalents rougeole, oreillons, rubéole ne sont plus utiles ? FAUX…  

La vaccination antirougeole peut être pratiquée à partir de l’âge de 9 mois chez des enfants vivant en collectivité, soit comme condition d’entrée dans cette collectivité, soit en raison d’une menace épidémique. Dans ce dernier cas, la vaccination immédiate peut être efficace si elle est réalisée moins de trois jours après le contact avec un sujet atteint. Le vaccin ROR sera administré six mois plus tard.

La gravité de la rubéole tient essentiellement à sa tératogénicité (capacité à provoquer des malformations chez le fœtus). Pour cette raison, la vaccination des jeunes adolescentes a longtemps été la seule préconisée. Cependant, la diminution d’incidence des rubéoles congénitales est consécutive à la vaccination généralisée des garçons et des filles dès l’enfance : elle seule peut interrompre la transmission du virus. Les recommandations actuelles sont de vacciner contre la rubéole toutes les jeunes filles et jeunes femmes en âge de procréer (par exemple, lors d’une consultation de contraception ou prénuptiale) et toutes les femmes venant d’accoucher (avant la sortie de maternité), sans demander de sérologie préalable, quand elles n’ont pas bénéficié antérieurement de vaccination. La proposition d’un vaccin trivalent sera discutée ; elle est préconisée par de nombreux auteurs.

Il n’y a pas de grand intérêt à vacciner seulement contre les oreillons, la protection apportée par le vaccin ne s’établissant pas assez rapidement pour protéger efficacement contre une éventuelle menace d’épidémie.

2 ­Les effets secondaires induits par le vaccin sont plus importants que les maladies elles­mêmes

FAUX…

La gravité des complications que peuvent entraîner chacune de ces trois maladies est bien plus importante que celle des effets secondaires éventuels du vaccin qui comme le montrent les données épidémiologiques nord­américaines et finlandaises recueillies sur de nombreuses années, sont peu fréquents : ces derniers sont surtout des réactions locales (érythème, douleur, œdème), plus rarement générales (nausées, vomissements, diarrhées).

3 – Une seule dose de vaccin suffit à protéger les enfants

FAUX…

S'il est vrai que la plupart des enfants seront immunisés dès la première injection, il est indispensable d'en pratiquer une deuxième. En effet, celle­ci garantit une couverture optimale puisqu'elle va permettre aux enfants qui n'ont pas répondu au premier vaccin de répondre au deuxième. Elle évite ainsi l'accumulation de sujets non immuns et diminue le risque de voir surgir des foyers épidémiques. C'est cette stratégie qui a permis à certains pays d'obtenir une très bonne couverture vaccinale (comme la Suède et la Finlande par exemple).

4 – Il existe des contre­indications aux vaccins ROR

VRAI…

Oui, leur administration doit être évitée en cas de :

  • Immunodépression par maladie ou traitement (traitement immunosuppresseur, corticothérapie, radiothérapie) ;
  • Antécédents d’hypersensibilité à l’un des composants ou au vaccin lui­même ;
  • Allergie à la néomycine et à la kanamycine ;
  • Fièvre ;
  • BCG datant de moins d’un mois, traitement par gammaglobulines ou transfusion datant de moins de 3 mois ;
  • Grossesse ; cependant, une vaccination effectuée pendant une grossesse ne justifie pas une interruption de celle­ci.

L'allergie à l'oeuf ne contre indique pas le ROR : il suffit de prendre quelques précautions

La décision de vaccination ou de non vaccination d’un patient atteint par le virus de l’immunodéficience humaine relève du spécialiste concerné. Le vaccin ROR est le seul vaccin vivant atténué dont l’administration est possible chez un enfant atteint par le virus de l’immunodéficience humaine.

Les enjeux de la vaccination ROR en France

ROR : la stratégie vaccinale en pratique

ROR : mythes et réalités

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