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Pourquoi les médecins vont adopter massivement la téléconsultation ?

illustrationLes derniers mois ont été riches pour les médecins et marquent une révolution dans leur pratique médicale. Le 4 décembre 2017, l’Assemblée Nationale entérinait le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2018 (PLFSS), donnant le coup d’envoi aux négociations entre les syndicats de médecins et l’Assurance Maladie sur les conditions de déploiement de la télémédecine en France.

Mi-juin, la CSMF, le SML, MG France et Le Bloc signaient l’avenant 6 à la convention nationale : cet accord ouvre le champ d’application des actes de téléconsultation, et confirme leur prise en charge par l’Assurance Maladie dans le cadre du parcours de soins coordonné dès le 15 septembre 2018.

Avec 2 000 000 de consultations médicales chaque jour en France, c’est une formidable opportunité qui s’ouvre ! D’autant qu’après bien des tergiversations, les conditions sont enfin réunies pour que les médecins s’approprient en masse ce nouveau mode d’échange avec leur patient.

 

La réglementation qui va entrer en vigueur a bien préparé le terrain

Après des années d’expérimentations sous forme de tâtonnements, et un décret de télémédecine paru en 2010 qui éludait les aspects pratiques de la téléconsultation, les médecins peuvent désormais s’appuyer sur un cadre législatif clair. La téléconsultation ne va plus être limitée à quelques aventuriers de la e-santé : nous sommes au début d’une phase de déploiement à grande échelle.

La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne qu’aucune situation clinique n’est exclue a priori, et ouvre la prise en charge des actes de téléconsultation à toutes les spécialités médicales. Une limite, de bon sens, est posée : si un examen physique du patient est nécessaire, alors celui-ci doit voir son médecin. Cette position est venue conforter le monde de la santé : la téléconsultation n’est pas une consultation au rabais.

L’acte de téléconsultation doit également entrer dans le cadre du parcours de soins coordonné, et être étudié au cas par cas par les médecins : chacun déterminera si telle consultation peut se faire à distance ou non. Enfin, il doit impérativement être réalisé par visioconférence.

 

Les conditions du déploiement s’adaptent à la réalité du terrain

La publication au Journal Officiel le 23 août 2018 le confirme : les actes de téléconsultation seront pris en charge dans les mêmes conditions que les consultations physiques, soit 25€ pour une consultation avec un médecin généraliste et 30€ pour un médecin spécialiste. Cette tarification est économiquement intéressante pour les professionnels, qui peuvent toucher une aide complémentaire de 525€ pour s’équiper d’un point de vue technique.

Le législateur et l’Assurance Maladie ont également prévu un mode de facturation pragmatique en s’appuyant le SESAM sans Vitale. En l’absence de carte vitale dématérialisée, le médecin et le patient sont exonérés de l’envoi de pièces justificatives papier. Un gain de temps administratif précieux !

Enfin, pour répondre aux difficultés d’accès aux soins (par exemple dans les déserts médicaux), le principe est de s’appuyer sur des organisations locales : maisons de santé, centres de santé, communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)… Celles-ci pourront prendre en charge le patient et lui permettre d’accéder à un médecin par le biais de la téléconsultation.

 

Les médecins sont décideurs

L’échec du Dossier Médical Partagé aura permis de retenir un enseignement essentiel : la réforme de la pratique médicale ne peut pas se faire sans les médecins ! Le déploiement de la téléconsultation sera un succès car elle est laissée à la libre appréciation de chaque médecin.

Pas de quotas, pas d’objectifs flous… Cette philosophie correspond à l’ADN du corps médical : disposer de plusieurs cordes à son arc et utiliser la meilleure flèche en fonction du cas spécifique de chaque patient.

 

De nombreux avantages pour les médecins à adopter cette pratique

D’une part, la téléconsultation leur permet de réallouer leur temps disponible : une consultation physique dure en moyenne 17 minutes contre 10 minutes pour une téléconsultation. D’autant que tous les actes médicaux ne nécessitent pas une consultation physique !

De plus, comme Monsieur Jourdain pratiquait la prose sans le savoir, les médecins téléconsultent depuis longtemps. Comment ? En répondant quotidiennement par téléphone à leurs patients et en leur transmettant des ordonnances de façon non sécurisée. En adoptant la téléconsultation par visioconférence, ils pourront fiabiliser ces échanges.

Enfin, la téléconsultation va faciliter la relation patient-médecin : plus besoin de déplacer le patient inutilement. Elle permet néanmoins de conserver l’essentiel de la consultation : le colloque singulier entre le patient et le médecin.

Les voyants sont désormais au vert pour que les médecins adoptent la pratique de la téléconsultation massivement. Le digital ne peut pas rester à la porte des cabinets, d’autant que nombre de patients le réclament. Si 10% des consultations passent en téléconsultation à court terme, cette pratique représentera près de 73 millions de consultation par an, soit peu ou prou une par Français par an !

 

Par Guillaume Lesdos, co-fondateur de Medaviz 

A propos de Medaviz

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