Des médecins privés de remplacement pour raison administrative

illustrationAvec la fin de l’état d’urgence sanitaire, la loi du 9 juillet 2020, a privé et continue de priver des médecins non thésés du droit de remplacer des médecins titulaires dans des cabinets médicaux alors que le système de santé est sous tension en raison de l’épidémie de la Covid-19. Une absurdité administrative dénoncée par l’UFML-S.

Les étudiants en 3e cycle de médecine peuvent effectuer des remplacements en cabinet médical après la fin de leurs études et avant la soutenance de leur thèse. Cette licence de remplacement est délivrée par le conseil départemental de l’Ordre des médecins pour une durée de 3 ans. Le Code de la Santé Publique précise qu’« aucune autorisation ou aucun renouvellement d’autorisation ne peut être délivré au-delà de la troisième année à compter de l’expiration de la durée normale de la formation prévue pour obtenir le diplôme de troisième cycle de médecine préparé par l’étudiant. » (1) Au-delà, les remplacements lui sont donc totalement interdits. 


Pendant la première vague de la COVID-19, les licences avaient été exceptionnellement renouvelées pour 4 mois. Cette dérogation a pris fin lorsque l’état d’urgence a été levé. Or, aujourd’hui, un étudiant qui a terminé sa thèse, mais qui ne l’a pas encore soutenue ne peut plus remplacer en attendant sa date de passage. De longs mois pendant lesquels selon le syndicat UFML « le système de santé se prive de jeunes médecins formés et compétents »  

L’UFML-syndicat demande au ministère de la Santé une prolongation de 6 mois minimum des licences de remplacement, car précise-t-elle dans son communiqué « Face au Covid, tous les soignants doivent pouvoir être mobilisés ! » 

Autre absurdité dont les internes sont victimes, relevée par What’s up doc, les étudiants des cinq « nouvelles » spécialités, créées en 2017 (allergologie, maladies infectieuses et tropicales, médecine légale et expertises médicales, médecine d’urgence et médecine vasculaire)  ne peuvent toujours pas obtenir de licence de remplacement. En effet, le décret qui les encadre date de 2014, avant la réforme du 3e cycle. Dans l’attente de la publication d’un nouveau décret, les médecins ayant choisi cette spécialité sont privés de remplacement. 


EM

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