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« Nous sommes médecins, et notre profession n’est pas un libre-service ! », les syndicats de médecins libéraux fustigent le décret de pharmacien correspondant

illustrationLa mise à jour du statut du pharmacien correspondant entrée en vigueur le 31 mai a suscité de vives réactions de la part des syndicats de médecins libéraux. L’ordre, plus mesuré, est également monté au créneau.

« Une insulte à celles et ceux qui ont fait le choix d’être médecins» pour l’UFMLS

L’UFMLS s’insurge contre ce décret dont elle accuse les signataires d’être des « saboteurs de la médecine ». L’organisation syndicale regrette surtout que ce décret ait été conçu sans la participation des représentants des médecins, ce qui est pour elle un manque de respect et crée un « fâcheux précédent ». Pour étayer son propos, elle envisage le scénario où les syndicats de médecins discuteraient sans la présence des syndicats de pharmaciens d’un projet consistant à intégrer la commande de médicaments depuis le cabinet médical sur les plateformes en ligne sans passer par la case pharmacie.

Pour le syndicat présidé par Jérôme Marty, les mots ont un sens et les « renouvellements » d’ordonnance n’existent pas dans la pratique médicale au contraire « des réévaluations de traitements qui entrent dans le cadre d’un suivi chronique des patients ».

Si l’UFMLS appelle les médecins libéraux à interdire aux pharmaciens de modifier leur ordonnance, elle appelle les syndicats de pharmaciens à une rencontre pour délimiter leurs métiers respectifs

« Un transfert de compétences qui ne dit pas son nom et qui, surtout, n’est pas concerté »

Le SML regrette également l’absence de concertation dans la mise en oeuvre de ce projet et redoute un transfert de compétence. Il appelle également les médecins à « entrer en résistance s’ils ne veulent pas devenir la dernière roue du carrosse, d’autant que le texte instaurant le pharmacien correspondant prévoit que celui-ci se borne désormais à « informer” le médecin traitant des modifications qu’il apporte de son propre chef ».

Dans le Quotidien du Médecin, MG France définit la ligne rouge à ne pas franchir : « le respect du médecin traitant » et l’absence d’autonomie du pharmacien sur l’ordonnance. Et en l’occurrence, «pour une fois, le rôle du médecin traitant est respecté puisque cela ne peut se faire sans son accord».

Dans le Figaro, le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, convient que le dispositif pourrait permettre de remédier à certaines difficultés d’accès aux soins. Néanmoins il redoute la confusion entre les cœurs de métier. « Le pharmacien, ça n’est pas celui qui prescrit », explique-t-il.

L’ordre des médecins appelle à plus de concertation et à plus de clarté dans la stratégie du gouvernement

Pour le CNOM, ce texte modifie « une fois de plus le périmètre métier des professions de santé et la lisibilité attendue par l’usager de santé des compétences propres à chaque métier… »

«le médecin traitant, doit rester le piller de la prise en charge du patient. Il doit également rester le pilier de la mise en œuvre de son parcours de santé, en coopération avec l’ensemble des professionnels de santé.

«L’Ordre appelle les représentants de l’État à construire au quotidien une démarche concertée garantissant l’évolution partagée du système de santé et demande d’en finir avec la multiplication des décisions circonstancielles et ponctuelles qui ne peuvent être un mode de gouvernance du système de santé. »

Descripteur MESH : Médecins , Syndicats , Santé , Pharmaciens , Transfert , Confusion , Démarche , Rôle , Professions de santé , Soins , Pharmacie , Coopération , Professions , France

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