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Répercutions psychologiques du confinement sur les patients atteints de cancer

illustrationDans une étude présenté au congrès international de la société européenne de cancérologie le 13 septembre 2021, une équipe de  l’Institut Paoli-Calmettes examine l’impact psychologique de la pandémie de la Covid-19 sur les patients atteints de cancer.

À la fin de la première période de confinement en juin 2020, 4 000 patients pris en charge pour un cancer à l’Institut Paoli-Calmettes, en consultation ou traités en hôpital de jour, ont reçu par la poste un questionnaire relatif à leur vécu du confinement, leur anxiété et le stress post-traumatique induits par cette période de crise sanitaire.

1 097 patients pris en charge pour différents types de cancer [gynécologique, hématologique, digestif, urologique] ont répondu à ce questionnaire : principalement des femmes [63,2 %] porteuses de cancers du sein ou gynécologiques [41,4 %], et des malades de cancers hématologiques [24,3 %], digestifs [15,8 %] ou urologiques [1,7 %]. 
Le questionnaire a démontré que pour 30,5 % d’entre eux, leur anxiété était élevée, et pour 14,7 %, leur stress post-traumatique important.

L’anxiété était significativement plus élevée chez les femmes et les patients de plus de 70 ans ainsi que chez les patients qui débutaient leur traitement ou qui s’inquiétaient d’une rechute de leur cancer. Cette anxiété évoluait en fonction de leur satisfaction vis-à-vis de la prise en charge de leur cancer et de leur peur d’être contaminé par la Covid-19 en venant à l’hôpital. 

Le stress post-traumatique affectait plus les femmes et les personnes vivant isolées. Les conditions du confinement, en particulier le contact social, familial et le maintien d’une activité étaient autant de facteurs protecteurs.

L’anxiété liée à la crainte d’être contaminé a ainsi renforcé les angoisses liées au cancer et l’isolement lié à la maladie s’est trouvé majoré par le confinement, amplifiant alors les symptômes de stress post-traumatique.

Il convient dès lors de promouvoir des mesures spécifiques pour les patients pris en charge pour un cancer, en situation de confinement.

«Improve the conditions of lockdown may decrease psychological distress among cancer patients during the COVID-19 pandemic.»,

Auteurs de l’étude : Gwenaëlle GRAVIS 1, Rajae TOUZANI 2,3, Jihane PAKRADOUNI 4, Patrick BEN SOUSSAN 5 et Patricia MARINO 2,3. 1Department of Medical Oncology, Institut Paoli-Calmettes, Aix-Marseille university, CRCM, Marseille, France, Aix-Marseille Univ, Inserm, IRD, SESSTIM, Sciences Economiques & Sociales de la Santé & Traitement de l’Information Médicale, Equipe CANBIOS Labellisée Ligue Contre le Cancer, Marseille, France, Institut Paoli-Calmettes, SESSTIM U1252, Marseille, France, 4 Clinical Research, Institut Paoli-Calmettes, Marseille, France, 5 Psychology, Institut Paoli-Calmettes, Marseille, France


À propos de l’IPC
Certifié par la Haute Autorité de Santé [HAS] en 2015 niveau A, et accrédité Comprehensive Cancer Center par l’OECI l’Organisation of European Cancer Institutes) en juin 2019, l’Institut Paoli-Calmettes est membre du réseau Unicancer. L’IPC rassemble 1 800 personnels médicaux et non médicaux, engagés dans la prise en charge globale de l’ensemble des pathologies cancéreuses : recherche, soins médicaux et de support, enseignement et formation. L’IPC a réalisé plus de 100 000 consultations et accueilli près de 11 000 nouveaux patients en 2020. La prise en charge à l’IPC s’effectue exclusivement sur la base des tarifs de la sécurité sociale, et les dépassements d’honoraires ne sont pas pratiqués dans l’établissement. L’IPC a établi des coopérations avec une vingtaine d’établissements de santé de la région.
Pour plus d’informations : www.institutpaolicalmettes.fr

Descripteur MESH : Patients , France , Anxiété , Femmes , Santé , Réseau , Maladie , Peur , Recherche , Soins , Enseignement , Personnes , Sécurité sociale , Sécurité

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