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Bronchiolite : 1779 passages aux urgences en semaine 40, les kinés sur le pied de guerre

illustrationL’épidémie de bronchiolite a quelques semaines d’avance sur son calendrier habituel et accroit la tension déjà forte sur les structures hospitalières. D’après le dernier bulletin de Santé Publique France, 1779 enfants de moins de 2 ans ont été vus aux urgences en semaine 40. 643 ont été hospitalisés.

Selon SPF, les indicateurs plaident en faveur d’un démarrage rapide et plus précoce de la circulation du virus de la bronchiolite par rapport aux années précédentes. En Île-de-France et dans le Grand Est, la phase épidémie est d’ores et déjà enclenchée. L’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne — Franche-Comté, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie, les Pays de la Loire, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Guyane sont passés en phase pré-épidémique.

Cette précocité pourrait s’expliquer en partie par la naïveté des systèmes immunitaires des jeunes enfants protégés depuis 2 ans par les gestes barrières mise en place en raison de l’épidémie de la Covid-19.

«La situation actuelle, c’est du jamais-vu. Les enfants de 12 à 18 mois ont très peu rencontré de virus jusque-là et risquent de tomber malades, tandis que les nourrissons nés cette année feront des formes plus sévères», explique Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie pour lemonde.fr.

Si les hôpitaux sont habituellement préparés pour de tels scénarios, les handicaps pour y faire face sont multiples cette année : fatigue du personnel soignant, difficulté à recruter des infirmières, occupation des lits de pédiatrie pour des cas d’urgences psychiatriques.

La bronchiolite est une maladie respiratoire très fréquente chez les nourrissons et les jeunes enfants. D’après la Haute Autorité de Santé (HAS), cette infection virale touche environ 480 000 enfants par an. Souvent bénigne, elle survient principalement durant la période hivernale, mais peut se révéler plus grave dans certains cas. La présidente de la SFP milite pour que les parents ne conduisent leurs enfants aux urgences que sur la recommandation d’un médecin.

Dans ce contexte tendu, le Syndicat National des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (SNMKR) souhaite rappeler, au grand public, comme aux prescripteurs, le rôle primordial du kinésithérapeute auprès des enfants et des parents.

Les recommandations de la HAS de 2019, souvent mal interprétées, n’ont jamais contre-indiqué la kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique pour les formes de bronchiolites légères et modérées que nous rencontrons en ville. Elle recommande néanmoins que des études soient faites pour valider ces techniques.

Le recours à la kinésithérapie dans la prise en charge de la bronchiolite est indispensable pour éviter un recours non essentiel aux urgences. En effet, les kinésithérapeutes interviennent auprès des nourrissons par l’auscultation pulmonaire, l’évaluation, la surveillance des signes de gravité et la réorientation du bébé vers le pédiatre, le médecin ou vers les urgences si besoin. Il a de plus un rôle clé dans l’apprentissage du mouchage et des signes de surveillance auprès des parents, ainsi que dans le conseil de l’alimentation et du couchage.

Le SNMKR en appelle à la responsabilité des institutions, mais également des médias pour rappeler, à chaque occasion, l’engagement des kinésithérapeutes face à cette épidémie saisonnière, qui s’annonce particulièrement virulente cette année.

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