Monkeypox : les médecins de plus en plus préoccupés par la désinformation

illustrationAlors que la « variole du singe » continue de se propager et que l’OMS a déclaré une urgence sanitaire mondiale, Sermo vient de publier les résultats d’une enquête réalisée auprès de 1011 médecins répartis dans 20 pays sur la variole du Singe. 78 % des médecins interrogés redoutent les effets de la désinformation du public, 71 % se déclarent favorable à la vaccination des personnes à risque, mais 65 % craignent que leur pays n’ait pas suffisamment de stocks.

Largement échaudés par la désinformation sur la covid-19, les médecins redoutent que l’histoire se répète à propos de l’épidémie de Monkeypox. Ils sont en effet 78 % à se déclarer préoccupés par la désinformation rampante sur ce sujet et 60 % redoutent que leurs patients perçoivent cette maladie comme une MST qui ne concernerait que les hommes ayant des pratiques sexuelles à risque avec d’autres hommes et se sentent de ce fait faussement protégés.

Les rapports homosexuels à risque seraient à l’origine de la majorité des contaminations

En France au 3 aout 2022, 2239 cas ont été confirmés dont seulement 17 n’étaient pas des hommes. Selon Santé Publique France, 96 % des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Parmi les cas pour lesquels l’information est disponible, 72 % déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l’apparition des symptômes.

« Bien que le statut d’infection sexuellement transmissible ne soit pas encore démontré pour cette maladie, il est indéniable que les rapports sexuels sont à l’origine de l’écrasante majorité des transmissions de la maladie. Ainsi, la communauté médicale recommande à toutes les personnes infectées un isolement pendant 4 semaines et de ne pas avoir de rapports sexuels tant que des lésions sont présentes et d’utiliser des préservatifs pendant 8 semaines après le diagnostic. » expliquait le Dr Nathan PEIFFER SMADJA, Chef de Clinique Assistant au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’Hôpital Bichât le 30 juin dernier.

On sait depuis peu que le virus a été retrouvé dans le sperme d’hommes contaminés et qu’il était à même de répliquer à j 6 après le début des symptômes.

Si la variole du singe est une maladie infectieuse transmissible par contact direct avec les lésions cutanées ou avec les muqueuses (buccales, génitales, conjonctivales), elle peut également se transmettre par les gouttelettes respiratoires lors d’un contact prolongé ou le partage de linge, d’ustensiles de toilette, de vaisselle, seringues ou encore de sextoys…

Selon le ministère de la Santé, les personnes infectées sont contagieuses dès l’apparition des premiers symptômes, jusqu’à la cicatrisation complète des lésions et chute des croûtes, ce qui intervient le plus souvent en 3 semaines.

« Les cas identifiés en France sont survenus majoritairement, mais pas exclusivement, chez des hommes multipartenaires ayant des relations sexuelles avec des hommes. Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, réunissent en effet toutes les conditions pour une contamination. »

Sensibiliser le public et se préparer à une nouvelle flambée épidémique

Pour 36 % des médecins interrogés par Sermo, les autorités sanitaires devraient donner la priorité à la sensibilisation du public pour combattre la désinformation et se préparer à une pandémie potentielle de variole du singe. Ils sont d’ailleurs 52 % à avoir mis en place un plan pour le dépistage et le traitement de la « variole du singe » et 39 % déclarent avoir dû prendre en charge au moins un patient.

Un tiers des médecins déclarent par ailleurs ne pas avoir une compréhension claire des modes de contaminations.

Concernant les vaccins, 71 % se disent favorables à la vaccination des personnes à risque, mais 65 % craignent que leur pays n’ait pas suffisamment de stocks.

https://app.sermo.com/barometer

Crédit photo : DepositPhotos

Descripteur MESH : Médecins , Variole , Risque , Personnes , Vaccination , Hommes , Maladie , France , Sperme , Seringues , Santé , Patients , Cicatrisation , Compréhension , Diagnostic , Vaccins , Infection , Virus

2 réaction(s) à l'article Monkeypox : les médecins de plus en plus préoccupés par la désinformation

  • MyPassion

    Morgann Philippon| jeudi 11 août 2022- REPONDRE

    Et vous, vous faites de la mal-information et vous n'en avez pas honte ! Au sein d'un même article vous prenez les chiffres d'une étude sur 1011 médecins (ce qui est un joli échantillon) dans 20 pays différents (ah quand même ! Soit plus que 50 médecins par pays en moyenne. Et les profils de l'épidémie peuvent y être très différents) que vous accolez aux seuls chiffres des patients en France...
    Si on vous lit vite, en fin d'article on a l'impression que 39% des médecins français déclarent avoir dû prendre en charge au moins un patient... Mais heureusement, tout le monde lit bien attentivement et se rappelle de ce que représente cet échantillon de médecins.
    Bref, aidez-nous à transmettre les informations justes, sans minimisation et sans catastrophisme, pour que cela soit bien plus simple dans nos cabinets médicaux !
  • MyPassion

    Jonathan PRIN| jeudi 11 août 2022- REPONDRE

    Quoique l´on en dise, l´epidémie vient de la fautr inexcusable d´une categorie de population dépravée (avoir rapidement des partenaires multiples sans préservatif et sans test est criminel de mon point de vue). Mais on adore le laxisme !

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