L’IGAS favorable à la pratique avancée des spécialités infirmières

illustrationL'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) ont publié le 23/01 un nouveau rapport cherchant à évaluer la pertinence de l’inscription en pratique avancée (PA) de tout ou partie des spécialités infirmières en anesthésie, en pédiatrie et en chirurgie.

Les auteurs préconisent une intégration progressive des spécialités infirmière en pratique avancée en soulignant que cela implique d'aligner les statuts, les formations et les rémunérations de ces spécialités. C’est pourquoi ils recommandent de maintenir les trois diplômes d’État des spécialités et les instituts de formation dans leurs caractéristiques principales, tout en prévoyant les nécessaires évolutions de durée et de contenu des formations, en particulier celles portées au grade de master. Chacune des spécialités restera pour l’instant dans son propre domaine.

Améliorer la rémunération des IPA

Pour les Infirmières en Pratique Avancée (IPA), l’IGAS renouvelle sa recommandation de permettre l’accès direct des patients et de leur donner le droit à la primoprescription. Ces propositions ont été reprises dans la proposition de loi Rist actuellement examinée par le Parlement, mais sont contestées par les syndicats de médecins libéraux. En outre, l’IGAS suggère de revoir la formation et la rémunération des IPA afin de les rendre plus attractives, car le nombre d’infirmières inscrites en master de pratique avancée a diminué par rapport à l’année précédente. Le rapport souligne également les difficultés économiques que rencontrent les IPA, que ce soit en libéral ou en établissement, et seulement 37 % des IPA exercent de manière exclusive en libéral.

L’IGAS appelle également à une clarification de la notion de formation initiale pour les IPA, en remplaçant l’actuelle condition de trois ans d’exercice à l’installation comme IPA par une condition équivalente d’entrée en formation.

Faire évoluer le référentiel et améliorer la formation des IADE

Le rapport de l’IGAS recommande d’intégrer les infirmiers anesthésistes diplômés d’état (IADE) dans la pratique avancée. Ce qui impliquerait de refondre rapidement leur référentiel pour une prise d’effet à la rentrée 2023. Il préconise pour cela des modifications de l’Annexe III de l’Article L4301-1 du Code de la santé publique pour inclure la spécialité dans l’exercice en pratique avancée et souligne la nécessité d’améliorer la formation actuelle, notamment sur la prescription et l’examen clinique. Il prône également le maintien des écoles paramédicales en dehors de l’Université, mais supprime la dichotomie entre IPA praticiens et IPA spécialisées, considérant ces notions comme non matures en France.

Nouvelle formation pour les puéricultrices

Pour les infirmiers en pédiatrie, une réingénierie de leur formation est nécessaire avant de pouvoir envisager l’inclusion de leur exercice en pratique avancée (PA). Cette réingénierie devrait consister à porter la durée de la formation à deux ans et à l’élever au niveau de grade Master. Cependant, des travaux en cours sur l’inclusion de la pédiatrie dans la formation de base des infirmiers pourraient ralentir la mise en œuvre de cette recommandation.

Le rapport prévoit également le développement d’un exercice ambulatoire et libéral pour les puéricultrices et une nouvelle doctrine concernant la continuité directe avec les études d’infirmière. La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également prévue pour éviter une année blanche en 2024 pour cette filière de formation.

Concernant les IBODE, la situation parait pour le moment figée en raison du contexte réglementaire incertain sur leur acte exclusif.

 

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Descripteur MESH : Pédiatrie , Recherche , Anesthésie , Éducation , Infirmiers , Rémunération , Santé publique , Médecins , Patients , Santé , Syndicats , Statuts , Dichotomie , France

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