L’Hôpital Foch mise sur l’intelligence artificielle pour transformer ses pratiques médicales et organisationnelles
Soutien aux soignants et organisation des soins
Depuis 2025, l’Hôpital Foch déploie des outils basés sur l’IA afin de réduire la charge administrative des praticiens. Selon l’établissement, une cinquantaine de médecins testent en partenariat avec Microsoft l’outil DAX Copilot, capable de générer automatiquement des comptes rendus structurés à partir des échanges médecin-patient. Plus de 1 000 documents auraient déjà été produits.
Autre innovation : l’optimisation des plannings, en expérimentation avec la startup Hopia. Selon l’Hôpital Foch, l’algorithme prend en compte absences, contraintes réglementaires et disponibilités pour simplifier l’organisation, notamment au bloc opératoire. En parallèle, un chatbot dédié fluidifie le parcours patient en répondant aux démarches administratives courantes.
Un diagnostic plus rapide et plus précis
L’imagerie médicale bénéficie également de l’IA. Avec INCEPTO, Foch teste des solutions pour la détection de fractures, nodules pulmonaires ou encore anomalies mammaires. Le service radiologique explore aussi, selon l’établissement, l’intégration d’outils d’aide au diagnostic pour l’IRM de la prostate et du genou.
En médecine nucléaire, un logiciel de segmentation permet déjà d’analyser plus efficacement les TEP/TDM au PSMA, afin d’obtenir une cartographie tumorale globale, toujours selon l’Hôpital Foch. Par ailleurs, un partenariat stratégique avec Owkin ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les thérapies personnalisées et les biomarqueurs, notamment en cancérologie.
Chaque année, le cancer est responsable d’environ 10 millions de décès dans le monde, et l’OMS estime que le nombre de nouveaux cas pourrait croître de 77 % d’ici 2050. Ces données replacent les projets diagnostiques de l’hôpital dans un contexte épidémiologique préoccupant.
Recherche clinique et médecine de précision
La collaboration avec Botdesign illustre le rôle de l’IA dans l’enrichissement des données cliniques. En utilisant des patients « augmentés » à partir de données réelles, une étude a montré qu’il aurait été possible de valider rapidement un marqueur sanguin lié au COVID, démontrant la valeur de ces approches pour accélérer la recherche.
Deux projets multicentriques structurants sont en cours avec Lifen : LUCC, qui vise à rassembler les données de près de 10 000 patients atteints d’un cancer du poumon (dont environ 2 000 déjà inclus à Foch, selon l’établissement), et CUB, lancé en février–mars 2025, destiné à suivre 10 000 patients atteints de BPCO ou d’asthme.
Gestion hospitalière et durabilité
L’établissement s’appuie aussi sur l’IA pour relever ses défis énergétiques. Avec Foobot, il développe un jumeau numérique de ses infrastructures afin de réduire sa consommation de gaz et d’électricité, avec un objectif de -40 % d’ici 2030. Dès septembre 2025, des tests de pilotage automatisé du chauffage seront menés, visant déjà 5 % d’économies de gaz.
La lutte contre le gaspillage alimentaire est également intégrée à cette démarche. Des caméras intelligentes installées au self du personnel ont permis de réduire de 11 % les déchets grâce à des ajustements ciblés. Une extension du dispositif aux repas des patients est prévue.
Encadrer l’innovation par l’éthique
Conscient des enjeux sociétaux liés à l’IA, l’Hôpital Foch s’est doté d’une gouvernance dédiée : création d’un comité multidisciplinaire, formation des soignants, et partenariat avec Ethik-IA pour garantir la transparence des solutions, en conformité avec le règlement européen AI Act, dont les obligations pour les modèles GPAI entreront en vigueur le 2 août 2025.
Pour Jacques Leglise, directeur général de l’établissement, l’enjeu est clair : « Tout au long de son histoire, l’Hôpital Foch a été le berceau de nombreuses avancées en médecine et en chirurgie. Nous ne pouvons donc pas ignorer le tournant que représente l’intelligence artificielle. Si elle est utilisée avec discernement et éthique, l’IA peut transformer en profondeur la prise en charge des patients tout en libérant du temps médical. »
Philippe Boulogne, directeur des systèmes d’information, précise : « Une expérimentation est en cours afin d’évaluer l’impact de l’utilisation en routine clinique d’une solution d’IA d’aide au diagnostic pour l’IRM de prostate. Cette solution s’intègre aux outils métier radiologiques et propose la détection et caractérisation des lésions cliniquement significatives, et la mesure du volume prostatique. Ces éléments sont, sous contrôle du radiologue, intégrés au compte rendu radiologique. La même expérimentation sera lancée pour l’IRM du genou. »
De son côté, Alexandre Drezet, directeur de la Recherche et de l’Innovation à l’Hôpital Foch, explique : « La mise en place de ces partenariats stratégiques nous permet de bâtir une médecine de précision, plus ciblée et personnalisée, au profit des patients atteints de cancer. Travailler avec les meilleurs acteurs nous positionne à la pointe de l’innovation pour mieux diagnostiquer et in fine, mieux traiter. »
Enfin, le Pr Colas Tcherakian, pneumologue, souligne à propos du COVID : « Avec Botdesign, l’amplification artificielle du nombre de patients a permis de montrer que seulement trois mois après l’arrivée du COVID, il aurait été possible de déterminer le niveau de ce marqueur, alors qu’il aura fallu trois ans et rassembler plusieurs hôpitaux en France pour finir par y arriver. Cela démontre la puissance de ces outils du futur dans l’aide à la recherche médicale. »
Source : communiqué de presse
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