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L’arsenic, un nouveau type de perturbateur endocrinien ?

Une équipe du Dartmouth Medical School vient de montrer sur des cellules en culture que de faibles doses d’arsenic agissaient, au travers d’un mécanisme unique, en perturbant le fonctionnement de récepteurs stéroïdiens. Ces résultats, parus dans Environmental Health Perspectives, peuvent expliquer la cause de diverses maladies associées à une exposition à de faible doses de ce métal.

Depuis les temps anciens, l’arsenic à doses élevées a été le poison de prédilection. Récemment, il est devenu évident que des décennies d’exposition à de très faibles doses peuvent considérablement augmenter le risque de maladie vasculaire, de diabète et de plusieurs types de cancers. Toutefois, jusqu’à maintenant, on ne savait pas par quel mécanisme d’action l’arsenic pouvait induire ces pathologies.

En utilisant un modèle de cellules animales en culture, une équipe dirigée par le Dr J. Hamilton a montré que l’exposition à de très faible doses d’arsenic perturbait le fonctionnement normal de récepteurs aux glucocorticoïdes, récepteurs des hormones stéroïdes régulant une grande variété de processus biologiques.

Les substances chimiques perturbant les récepteurs aux hormones stéroïdes sont appelées perturbateurs endocriniens ou modulateurs endocriniens (endocrine disrupter). L’arsenic semble agir au travers d’un mécanisme unique qui n’a pas été observé pour d’autres perturbateurs endocriniens comme les pesticides.

Avant cette étude, on pensait que les perturbateurs endocriniens agissaient principalement de deux façons: soit ils se liaient au récepteur au stéroïde et mimaient l’action de l’hormone naturelle, conduisant alors à une activation anormale du récepteur, soit ils se liaient au récepteur et empêchaient l’hormone d’activer celui-ci.

L’arsenic semble agir d’une autre manière. Les auteurs ont démontré qu’en présence d’arsenic, le récepteur activé était incapable de stimuler la cascade correcte de signaux résultant habituellement de la liaison de l’hormone à son récepteur.

Le Dr Hamilton ne pense pas que ce soit l’unique mécanisme à la base des maladies associées à une faible exposition à l’arsenic, mais il suspecte qu’il soit un contributeur important.

C’est la première fois qu’une étude montre qu’un métal pouvait agir comme un perturbateur endocrinien. Toutefois il reste à déterminer si ces effets observés sur des cellules en culture peuvent se produire chez l’animal ou l’homme.

Source : Dartmouth College

Descripteur MESH : Pharmacologie , Santé , Santé publique , Cellules , Perturbateurs endocriniens , Hormones , Stéroïdes , Diabète , Glucocorticoïdes , Maladie , Pesticides , Processus biologiques , Récepteurs aux glucocorticoïdes , Risque , Signaux , Temps

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