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Comment gérer les relations entre les étudiants en médecine et les laboratoires pharmaceutiques ?

Une étude canadienne montre que limiter les contacts entre les internes en médecine et les laboratoires pharmaceutiques influence les comportements futurs des médecins face aux informations fournies par ces laboratoires.

Quelles sont les conséquences de mesures destinées à limiter la fréquence des contacts entre les compagnies pharmaceutiques et les internes durant leur formation ? Pour répondre à cette question, le Dr McCormick (Université de Toronto) et ses collaborateurs ont interrogé des étudiants de deux universités après la fin de leur internat. L'objectif ici était de connaître les conséquences de ces mesures une fois que les internes étaient diplômés et "en poste".

Un questionnaire a été adressé à 242 anciens étudiants de l'Université de Toronto et 57 anciens étudiants de l'Université McMaster qui avaient terminé leur internat entre 1990 et 1996. L'Université McMaster avait mis en place en 1992 des mesures visant à limiter les contacts entre les laboratoires et les internes pendant leur formation tandis que l'Université de Toronto n'avait jamais pris de telles mesures.

Une limitation des contacts avec les représentants de l'industrie pharmaceutique modifiait généralement l'attitude des diplômés face aux informations fournies par les laboratoires, expliquent McCormick et ses confrères dans un article parue dans le JAMA du 24 octobre.

En effet, ceux qui avaient étudié sous ces conditions avaient moins tendance à trouver que les informations fournies par les représentants des laboratoires pouvaient les aider dans leur pratique.

"Les résultats indiquent que l'attitude face à l'information fournie par les représentants des laboratoires pharmaceutiques est moins favorable chez ceux qui ont étudié sous des conditions restrictives", commentent les auteurs.

Il faut pourtant noter que ceux qui avaient étudié sous ces conditions étaient aussi nombreux à recevoir des représentants à leur cabinet que les autres, tout en étant moins satisfaits de ces rencontres.

D'une manière générale, plus les contacts avec les représentants des laboratoires étaient nombreux durant la formation des internes, plus ces derniers étaient enclins à avoir un avis favorable sur les informations délivrées par ces représentants.

Cette étude ne permet pas de savoir si ces contacts au cours des études modifient les futures habitudes de prescription. "A notre avis, il n'est pas encore entièrement sûr que ces contacts ont un effet global négatif ou positif", concluent les auteurs.

Source : JAMA 2001;286:1994-9.

Descripteur MESH : Laboratoires , Médecine , Étudiants , Face , Médecins , Attitude , Habitudes , Industrie , Industrie pharmaceutique , Universités

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