15 à 30 % de baisse sur les tarifs des tests PCR et antigéniques facturables par les professionnels de santé

illustrationDepuis le 1er juin, les prix des tests PCR et antigéniques que peuvent facturer les professionnels de santé libéraux et les laboratoires d’analyse médicale ont chuté de façon drastique entre 15 et 30 %. C’est un sérieux coup de rabot que l’assurance maladie justifie par l’arrivée de nouvelles techniques diagnostiques sur le marché et qui fait grincer des dents notamment celles des infirmières libérales pleinement mobilisées depuis le début de la pandémie.

Une baisse de 10 € qui fait suite à une baisse de 5 € par test pour les labos

La mauvaise nouvelle est tombée le 29 mai dernier. Selon cet arrêté, les biologistes médicaux qui cotaient B140 pour toucher 37,80 par test RT-PCR devront désormais se contenter d’un B100 qui leur rapportera 27 €. Une perte sèche de 10 € par test. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, les majorations (B40) et minorations (B45) destinées à inciter les laboratoires à intégrer les résultats des tests le jour du prélèvement sont revues à la baisse. Il faudra désormais coter B25 pour l’une ou l’autre, ce qui est facturable 6,75 €. Bref un test rendu rapidement par un labartoire rapoortera 33.75 e contre 47.8 € au mois de mai et 54 e au mois d’avril.

Une baisse de 30 % qui devrait se traduire par un allongement des délais et peut être un arrêt des PCR livrés en moins d’une heure qui nécessitent des réactifs particulièrement onéreux. En Allemagne les tarifs vont de 80 à 150 €.

La douche froide pour les IDEL

En ce qui concerne les infirmières libérales, le niveau de la baisse oscille entre 20 et 30 % pour la réalisation des tests antigéniques selon ce second arrêté.

Les cotations passent d’un AMI 8,3 (26,14 €) à un AMI 6,2 (19,53 €) pour un test en cabinet, d’un AMI 9,5 (29,92 €) à un AMI 7,3 (23 €) au domicile et d’un AMI 6,1 (19,21 €) à un AMI 4,9 (15,43 €) dans le cadre d’un dépistage collectif en centre.

« Cette décision a été prise sans aucune concertation. Elle démontre encore une fois l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent. D’un côté il y a les grandes phrases du Ségur de la Santé où on nous promet monts et merveilles et de l’autre côté il y a la réalité : les baisses d’honoraires, le mépris, la déconsidération. Alors que nous sommes pleinement mobilisés dans cette crise sanitaire, que certains d’entre nous dans des zones touristiques de montagne, des secteurs balnéaires, etc. ont vu leur activité chuter, on nous assène un nouveau mauvais coup. C’est extrêmement injuste et nous allons faire remonter au ministre des Solidarités et de la Santé notre profond sentiment d’injustice. Ce n’est pas le moment de faire des économies de bouts de chandelles sur notre dos, mais au contraire de valoriser notre investissement de chaque instant. » S’insurge le syndicat Convergence Infirmière.

Sur les réseaux sociaux, la déception des infirmières est palpable : « Ils vont vraiment finir par devoir y aller eux-mêmes au front, les bureaucrates de la sécu,… à nous manquer de respect comme ça…Ça fait plus d’un an que je fais du covid (tournée covid, tournée PCR et ag, visites sanitaires), ça semble juste normal… aucun remerciement… juste aujourd’hui une baisse de rémunération… sans concertation… sans info préalable… quelles autres professions acceptent ça?? »

Si les dentistes ne sont pas mieux lotis avec -26 %, les médecins s’en sortent un peu mieux avec une baisse de seulement 15 %. Il faut dire que concernant les médecins, depuis le 1er juin, ils ne peuvent plus coter la consultation de prévention covid-19 C1,74 qui bénéficiait d’un coefficient de majoration motivant.

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