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Arthroplastie de la hanche et prévention des TVP : le fondaparinux confirme son potentiel

Deux nouveaux essais qui paraîtront dans le Lancet confirment l’intérêt du fondaparinux dans la prévention des complications thromboemboliques de la chirurgie de la hanche. Ce pentasaccharide synthétique qui inhibe le facteur Xa semble être plus efficace que l'énoxaparine pour prévenir les thromboses veineuses profondes et les embolies pulmonaires.

Ces deux essais font l’objet d’une parution dans le Lancet daté du 18 mai. La thrombose veineuse profonde (TVP) est une des principales complications de l’arthroplastie de la hanche puisqu’elle concerne 16 à 30 % des patients. Le fondaparinux est un pentasaccharide de synthèse et représente le chef de file d’une nouvelle classe d’antithrombotiques. Son principal intérêt serait une réduction encore plus marquée de l’incidence des complications thrombo-emboliques

Dans un premier article, Michael Rud Lassen (Hôpital universitaire de Copenhague) et les membres de l’étude EPHESUS détaillent les résultats d’un essai randomisé sur le fondaparinux. Environ 2.300 patients européens programmés pour une prothèse totale de hanche sont entrés dans l’étude. Ils ont été traités en post-op par fondaparinux à 2,5 mg/jour en une injection quotidienne ou ont reçu un traitement par énoxaparine (40 mg) initié en pré-op.

Le critère principal de comparaison était l’incidence des TVP et embolies pulmonaires. 79 % des patients initiaux ont été évalués. Onze jours après l’opération, ces complications avaient concerné 4 % des patients sous fondaparinux et 9 % des patients sous énoxaparine. Cette différence était statistiquement significative et la fréquence des décès et complications hémorragiques était comparable dans les deux groupes.

La seconde étude (Pentathlon 2000), conduite par les mêmes investigateurs, a été dirigée par Alexander Turpie (Hamilton General Hospital, Canada). Menée sur 2.275 patients, l’essai a comparé le fondaparinux à l’énoxaparine lorsque ces traitements étaient donnés en post-op après une prothèse totale de hanche.

Le fondaparinux a été associé à une réduction de 26 % de la fréquence des épisodes thromboemboliques (6 % vs 8 %) par rapport à l’énoxaparine. Cette réduction n’était pas statistiquement significative mais est en accord avec d’autres essais, précisent les auteurs.

Le Dr Henri Bounameaux (Hôpitaux Universitaire de Genève) commente ces deux essais dans un autre article du Lancet. Selon lui, il serait prématuré d’employer le fondaparinux en routine. Cela dépendra « du bénéfice-risque global et des analyses de coût », écrit Bounameaux. Par ailleurs, les complications hémorragiques majeures seraient environ 1 % plus fréquentes avec le fondaparinux qu’avec l’énoxaparine.

Neanmoins, les avantages apportés par le fondaparinux paraissent bien réels « et comme tout nouveau médicament, le fondaparinux devrait être utilisé avec précaution et seulement chez les patients qui reflètent la population des essais cliniques où le médicament a été évalué », ajoute Bounameaux.

Source : Lancet 2002 ;359:1710-1, 1715-20, 1721-26

SR

Descripteur MESH : Hanche , Thrombose , Thrombose veineuse , Essais , Énoxaparine , Facteur Xa , Patients , Canada , Hôpitaux , Membres , Population , Prématuré , Risque

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