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Covid-19 : reprise de la vaccination avec le ChAdOx1-S d’AstraZeneca pour les plus de 55 ans

illustrationÀ la suite des avis rendus par l’agence européenne du médicament (EMA) jeudi soir et celui de la Haute autorité de santé (HAS) ce vendredi, la DGS a officialisé la reprise de la vaccination avec le ChAdOx1-S d’AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 55 ans. Les moins de 55 ans devront donc être vaccinés prioritairement avec les vaccins de Pfizer ou Moderna.

C’est un changement majeur dans la stratégie vaccinale qui risque de brouiller encore un peu plus la communication autour des vaccins de la covid-19. Après avoir recommandé le vaccin d’AstraZeneca pour les moins de 65 ans faute de données robustes dans les essais de phase 3, la HAS préconise dorénavant d’éviter de l’administrer aux moins de 55 ans en raison d’un sur risque d’événements thromboemboliques identifié par l’EMA pour cette population.

8 fois plus de risque de TVC et 5 fois plus de risque de CIVD

Les experts de l’EMA ont examiné de manière extrêmement détaillée les 7 cas de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et les 18 cas de thrombose veineuse cérébrale (TVC) signalés par les États membres ou le Royaume-Uni sur les 20 millions de personnes vaccinées en Europe. La plupart de ces cas se sont produits chez des femmes de moins de 55 ans et ont entrainé 9 décès.

Les experts ont pu estimer que pour la population vaccinée de moins de 50 ans, on aurait dû s’attendre à la date du 16 mars à moins d’un cas de CIVD alors que 5 se sont réellement produits. Pour les TVC, 1,35 cas était attendu vs 12 cas réels.

C’est parce que ce sur risque n’est pas identifiable chez les plus de 50 ans que la HAS a décidé de flécher au moins temporairement le vaccin d’AstraZeneca vers les plus de 55 ans.

Les agences sanitaires allemandes et italiennes ne se sont pas montrées aussi prudentes puisqu’elles ont recommandé la reprise de la vaccination sans limites d’âge.

Rappelons que même si le sur risque semble important, le risque global demeure extrêmement faible et bien en deçà du risque de développer une forme grave de la covid-19 en ces temps de circulation virale très intense. Un travail de pédagogie qui incombe désormais à l’ensemble des professionnels de santé en charge de la vaccination.

Déprogrammer les rendez-vous avec les 50-54 ans en médecine de ville

Pour l’heure les médecins de ville et les pharmaciens qui avaient convenu de rendez-vous avec les 50-54 ans pour administrer le vaccin d’AstraZeneca devront revoir leur agenda et orienter ces patients vers les centres de vaccination qui disposent de vaccins à ARN messager de Pfizer ou Moderna

Toute une logistique à revoir, mais qui ne devrait freiner qu’à la marge la campagne de vaccination dont la cible principale demeure les personnes âgées.

Concernant les personnes de moins de 55 ans ayant déjà reçu une première dose du vaccin AstraZeneca, la HAS temporise et se positionnera très prochainement sur les modalités d’administration de la seconde dose. La HAS rappelle qu’un intervalle de 12 semaines est à respecter entre les deux doses.

L’avis de la HAS sera d’ailleurs revu prochainement, en collaboration étroite avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), en fonction des données de pharmacovigilance à venir, avec davantage de recul sur le vaccin AstraZeneca, en particulier chez les personnes de moins de 55 ans.

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