Cancer de la prostate : faut-il toujours doser le PSA selon un schéma annuel ?

Les dosages de la PSA (antigène spécifique de prostate) ne seraient pas forcément nécessaires tous les ans pour beaucoup d’hommes de plus de 55 ans. Une étude présentée au 38° congrès annuel de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO).

« Nous avons trouvé que la grande majorité des hommes dont le taux initial de PSA était très bas ne devaient pas s’inquiéter d’une éventuelle augmentation en flèche au cours de l’année suivante », a expliqué le Dr David Crawford, directeur associé du Centre des sciences de la santé à l’Université du Colorado.

Une équipe menée par Crawford a cherché à mesurer l’évolution des dosages en PSA chez un grand nombre de patients afin de définir des classes de risques différents qui justifieraient un suivi de dépistage plus ou moins rapproché.

Crawford et ses collaborateurs ont utilisé les données de l’essai PLCO (Prostate, Lung, Colorectal, Ovarian) sur le dépistage des cancers de la prostate, du poumon, colorectal et ovarien. Leur analyse portait sur 27.863 hommes (55-74 ans) parmi lesquels 90 % présentaient un dosage de PSA considéré comme normal avec une concentration inférieure à 4 ng/ml.

En utilisant les résultats de cinq années consécutives de dosage, un modèle statistique a été construit pour déterminer la probabilité que ces hommes voient leur concentration en PSA dépasser 4 ng/ml au cours des cinq années suivantes.

D’après leurs résultats, 98,6 % des hommes avec un dosage initial <1 ng/ml resteraient négatifs (<4 ng/ml) après quatre tests annuels consécutifs et 98,8 % des hommes avec une concentration initiale de 1 à 2 ng/ml seraient négatifs l’année suivante.

Si l’on applique un test tous les 5 ans pour un dosage initial < 1ng/ml et tous les deux ans pour un dosage initial entre 1 et 2 ng/ml, on réduirait de 55 % de nombre de tests PSA aux Etats-Unis, expliquent les auteurs. Cette réduction très marquée des coûts de dépistage impliquerait que 2,6 % des hommes passeraient à côté d’un test qui aurait pu être positif, expliquent les auteurs.

Par contre, les auteurs recommandent une vigilance particulière pour les concentrations de PSA comprises entre 2 et 4 ng/ml : pour les valeurs initiales allant de 3-4 ng/ml, 24 % des patients passeront la barre des 4 ng/ml l’année suivante et 83 % la cinquième année.

Source : American Society of Clinical Oncology. ‘PSA Testing Interval Reduction in Screening Intervals: Data from the Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian Cancer (PLCO) Screening Trial’, E. D. Crawford et al, présentation au congrès annuel ASCO 2002.

SR

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