Trophées MedInTechs 2026 : un palmarès qui veut donner chair à l’innovation
À retenir (lecture rapide)
– Les lauréats 2026 ont été distingués pour des usages concrets, directement liés aux parcours de soins et à l’expérience patient.[1][2]
– L’endométriose s’impose comme l’un des marqueurs forts du palmarès, avec Ziwig et Femnov parmi les startups primées.[3][4][5]
– L’intelligence artificielle y apparaît d’abord comme un outil d’aide au diagnostic et d’accès à une information médicale plus fiable.[4][6][7]
– Le prix « Patient partenaire » rappelle que l’innovation en santé concerne aussi l’autonomie et la qualité de vie.[8]
Une cérémonie qui met l’usage au centre
Le salon MedInTechs 2026 s’est tenu les 9 et 10 mars au Parc floral de Paris, avec l’ambition désormais affirmée de faire dialoguer institutions, hôpitaux, industriels, chercheurs, startups, aidants et patients autour des usages réels de l’innovation en santé.[1][2] Dans ce cadre, les trophées remis le 9 mars n’ont pas seulement cherché à distinguer des technologies prometteuses. Ils ont donné à voir un écosystème où la valeur d’une innovation se mesure aussi à sa capacité à s’inscrire dans la pratique, à raccourcir un parcours, à alléger une incertitude ou à restaurer une forme de maîtrise pour les personnes malades.
« Cette édition 2026 des Trophées MedInTechs confirme la vitalité exceptionnelle de l’innovation en santé. Nous avons découvert des projets remarquables, portés par des entrepreneurs, des médecins, des chercheurs mais aussi des patients engagés. C’est une grande fierté de voir émerger des solutions réellement innovantes et déjà ancrée dans la réalité quotidiennne des professionnels de santé et des patients », déclare Muriel Benitah, présidente et cofondatrice de MedInTechs.[8]
Le choix des lauréats confirme cette ligne. Chez les personnalités, le jury a récompensé des profils venus de la cancérologie, de l’innovation hospitalière, de l’industrie et des partenariats en santé. Chez les startups, les prix ont surtout distingué des solutions qui s’attaquent à des difficultés identifiées de longue date : l’errance diagnostique, la lenteur de certains examens, la complexité de l’information médicale et les contraintes du quotidien imposées par la maladie.[8]
L’endométriose, symbole d’une innovation attendue par les patientes
Le signal le plus net de cette édition est sans doute la place accordée à la santé des femmes, et plus précisément à l’endométriose. Ziwig a reçu le prix des « Startups porteuses d’espoir » pour Endotest®, un test salivaire présenté comme un dispositif de diagnostic in vitro destiné au diagnostic de l’endométriose à partir d’un échantillon salivaire.[3] L’entreprise explique s’appuyer sur l’analyse de microARN, le séquençage de nouvelle génération et une modélisation par intelligence artificielle afin d’orienter plus tôt les patientes chez lesquelles les examens habituels n’apportent pas de réponse satisfaisante.[3]
Cette récompense prend une résonance particulière dans un contexte où l’accès anticipé au test salivaire Endotest a déjà été encadré par les pouvoirs publics. Le ministère de la Santé rappelle qu’une expérimentation a été ouverte à compter du 11 février 2025 dans le cadre du forfait innovation, avec une prise en charge par l’Assurance maladie pour des patientes symptomatiques dont le parcours clinique et l’imagerie sont restés non conclusifs.[5][9] Plusieurs sources concordantes rappellent aussi que cette phase expérimentale doit permettre de documenter l’efficacité et la place exacte du test dans le parcours de soins, à mesure que la validation sur une cohorte de 25 000 patientes se déploie.[10]
Dans le même registre, Femnov a reçu le prix « Innovation pour la santé des femmes ». La startup développe un logiciel d’intelligence artificielle destiné à assister les professionnels lors des échographies pelviennes, en aidant à repérer plus rapidement des lésions suspectes d’endométriose et à standardiser certains gestes d’examen.[4] Là encore, l’innovation n’est pas célébrée pour son seul degré de sophistication. Elle est saluée parce qu’elle tente de répondre à une pathologie encore marquée par des retards diagnostiques lourds, documentés de longue date, et au sujet de laquelle la recherche française peine encore à changer d’échelle.[11]
Le fait que Ziwig ait également remporté le prix du public, tandis que Femnov a été plébiscitée lors du vote organisé pendant la cérémonie parmi les startups lauréates, confirme d’ailleurs une attente plus large : les innovations les plus visibles sont aujourd’hui celles dont l’utilité est immédiatement compréhensible, tant pour les patientes que pour les soignants.[8]
L’intelligence artificielle au service du diagnostic et de la lisibilité
Le prix « IA & thérapies innovantes » a été attribué à RainPath, qui développe une technologie d’analyse des biopsies destinée à aider les pathologistes à produire des diagnostics plus rapides, plus standardisés et potentiellement plus robustes.[6] La société explique vouloir substituer à une partie des procédés chimiques habituels une combinaison d’optique avancée et d’intelligence artificielle ; sa levée de fonds de 2,5 millions d’euros annoncée en juillet 2025 devait précisément accélérer cette trajectoire de développement.[6][12]
Dans un paysage où la charge de travail en anatomopathologie ne cesse de croître, cette distinction renvoie à un enjeu déjà bien identifié : la digitalisation de l’anatomie et cytologie pathologiques, et plus largement l’aide au diagnostic par l’IA, apparaissent de plus en plus comme des leviers d’organisation autant que de précision.[13]
Le prix des « parcours de soins réinventés » est revenu à Paperdoc pour Gustave, un assistant conversationnel consacré aux questions de santé du grand public.[8] Présenté comme un outil s’appuyant sur des sources scientifiques et médicales fiables, ce service se situe sur un autre terrain, mais avec une même logique : rendre l’information plus compréhensible pour des usagers souvent exposés à des contenus partiels, trompeurs ou anxiogènes.[7][14]
Ces deux récompenses disent beaucoup de l’état actuel de l’innovation en santé. L’intelligence artificielle n’y est pas traitée comme une fin en soi ni comme un simple mot d’ordre sectoriel. Elle prend corps lorsqu’elle aide à mieux lire une biopsie, à mieux structurer un examen, à mieux répondre à une question de santé, autrement dit lorsqu’elle donne chair à l’innovation en s’insérant dans un besoin réel.
Le patient partenaire, au-delà du symbole
Le trophée « Patient partenaire » remis à Béatrice M’Bark éclaire un autre versant de cette édition. Selon le communiqué, cette distinction salue un projet destiné à faciliter l’accès à la dialyse pour des patients souhaitant voyager et partir en vacances.[8] Le sujet peut paraître plus discret que les usages de l’IA ou les innovations diagnostiques, mais il touche à une dimension décisive : la possibilité, pour une personne atteinte d’une maladie chronique, de conserver une marge de liberté dans sa vie quotidienne.
En ce sens, ce prix dépasse largement le registre honorifique. Il rappelle que l’innovation en santé ne se limite ni à un algorithme ni à un dispositif médical. Elle peut aussi prendre la forme d’un aménagement organisationnel, d’un service, d’une coordination ou d’une réponse concrète à une contrainte vécue. C’est même, souvent, là que se joue l’appropriation la plus profonde par les patients.
Un palmarès qui dessine une hiérarchie des attentes
Le prix « Health Pitch Arena », attribué à Thérémia, ainsi que les distinctions remises à plusieurs personnalités de la santé, prolongent cette lecture d’ensemble en mettant en scène un écosystème qui cherche à articuler recherche, entrepreneuriat, stratégie industrielle et expérience vécue de la maladie.[8] Faute, à ce stade, d’une page publique officielle détaillant l’intégralité du palmarès sur le site de l’événement, la liste précise des lauréats repose néanmoins principalement sur le communiqué diffusé après la cérémonie. Cette réserve de méthode doit être signalée.
Elle n’empêche pas une conclusion plus large. Dans un secteur saturé de promesses et de discours de transformation, les Trophées MedInTechs 2026 valorisent des solutions qui cherchent d’abord à réduire l’errance diagnostique dans l’endométriose, à soutenir l’aide au diagnostic en anatomopathologie, ou à rendre l’information médicale plus intelligible pour le grand public. C’est dans cette capacité à devenir sensible, utile et appropriable que l’innovation semble, cette année, avoir été la plus nettement récompensée.
Références
1. MedInTechs, « MedInTechs 2026 », consulté le 10 mars 2026.
2. G_NIUS, « MedInTechs 2026 », 9 mars 2026.
3. Ziwig, « Découvrir Ziwig Endotest® », consulté le 10 mars 2026.
4. Femnov, site officiel, consulté le 10 mars 2026.
5. Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, « Expérimentation d'un test salivaire Endotest® pour améliorer les conditions du diagnostic de l’endométriose », 26 mars 2025.
6. RainPath, « AI for Pathologists », consulté le 10 mars 2026.
7. Gustave by Paperdoc, page d’accueil, consulté le 10 mars 2026.
8. MedInTechs, communiqué de presse transmis le 10 mars 2026, « Résultats des Trophées MedInTechs 2026 ».
9. Légifrance, « Arrêté du 6 février 2025 relatif à la prise en charge forfaitaire du dispositif médical in vitro ENDOTEST », consulté le 10 mars 2026.
10. Caducee.net, « Endométriose : vers une cohorte de 25 000 patientes pour valider l'Endotest », 30 mars 2025.
11. Caducee.net, « Stratégie nationale endométriose : où en est la recherche, trois ans après ? », 13 octobre 2025.
12. Bretagne économique, « RainPath lève 2,5 millions d’euros pour accélérer l’analyse des biopsies », 1er juillet 2025.
13. Caducee.net, « Digitaliser les services d'anatomie et cytologie pour mieux soigner les cancers », 7 avril 2021.
14. La Dépêche, « Santé : contre les fake news, une IA qui s'appuie uniquement sur des sources fiables », 5 janvier 2026.
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