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La lutte contre le surpoids passe par la complexité alimentaire



Ils soulignent, de plus, l'importance de la diversité et de la complexité des aliments (donc le moins purifiés possibles), explique le Pr Christian Rémésy*, qui fait aujourd'hui une communication au MEDEC sur ce thème.

L'origine du surpoids, qui affecte avec une prévalence croissante les populations des pays occidentalisés, apparaît certes plurifactorielle mais le rôle du comportement alimentaire n'est pas à négliger, d'autant qu'il représente la composante sur laquelle il est possible d'agir. Les modes alimentaires ont profondément évolué ; la majorité des aliments consommés sont des produits transformés et le régime de nos concitoyens est très riche en lipides et en produits animaux, alors qu'il est relativement pauvre en aliments glucidiques complexes, souligne le Pr Christian Rémésy. Or, les travaux menés au Centre de recherche en nutrition humaine de Clermont-Ferrand chez l'animal, mais aussi chez les volontaires sains, tout comme diverses études épidémiologiques (comme les travaux de Willet aux Etats-Unis) montrent l'intérêt nutritionnel de divers produits végétaux non seulement pour faciliter l'équilibre énergétique, mais aussi pour disposer d'un apport suffisant de micronutriments protecteurs. La base de l'alimentation doit donc être constituée par un apport diversifié d'aliments glucidiques : pain, riz, produits céréaliers, légumes secs, féculents divers, fruits et légumes.

Riz, céréales, féculents…

Certes, il faut équilibrer ce type d'aliments par divers produits animaux, mais la composante végétale n'en demeure pas moins essentielle pour le fonctionnement du tube digestif et pour satisfaire les besoins de l'organisme, explique le Pr Rémésy. "Le contrôle du poids par la seule approche énergétique est efficace temporairement, mais pas à long terme, poursuit-il ; or, il faut toujours avoir le souci du long terme."

Les arguments en faveur du mode alimentaire riche en végétaux sont légion : le contrôle de l'apport énergétique est favorisé, puisque le rassasiement est atteint avant qu'une grande quantité d'énergie ne soit absorbée ; la mastication est favorisée ; le fonctionnement digestif est facilité, en particulier par l'entretien des fermentations symbiotiques ; le statut en micronutriments antioxydants est augmenté. "Dans une optique de prévention nutritionnelle des pathologies majeures, l'importance de la composante non énergétique des aliments (fibres, minéraux, micronutriments) est primordiale, d'où la nécessité de préserver la complexité des aliments", poursuit le Pr Rémésy.

Huile d'olive et pain complet

L'exemple de la protection des lipides par les antioxydants illustre cette notion. On sait que les dépôts de cholestérol au niveau artériel sont provoqués par l'oxydation des LDL. D'où l'importance de disposer d'huiles riches en antioxydants, comme les huiles vierges riches en polyphénols (huile d'olive), mais aussi d'une large gamme de micronutriments protecteurs apportés par divers produits végétaux. Il y a aussi intérêt à diminuer la part des glucides purifiés au profit d'aliments moins raffinés, comme le pain complet ou semi-complet. Les constituants associés à la partie glucidique (fibres, minéraux et micronutriments) agissent, en effet, en synergie pour optimiser les effets métaboliques des glucides. Pour lutter à long terme contre le surpoids, la part des glucides dans l'alimentation doit donc être très élevée, proche de 55 %, avec une majorité de glucides lents, et celle des lipides, réduites. Cependant, lorsqu'il s'agit de résorber une prise de poids, il est nécessaire de recourir d'avantage aux fruits et aux légumes naturellement peu énergétiques, au détriment des féculents.

Fruits et légumes :

une alimentation fondée sur la consommation de fruits et de légumes constitue une approche idéale pour assurer à la fois le contrôle du poids corporel et pour disposer d'une alimentation à forte valeur santé.

Cependant, il faut souligner que l'apport de produits végétaux doit être équilibré par un apport de produits animaux peu gras (produits laitiers, viande, poisson) et par un apport d'huiles végétales variées pour disposer d'un bon équilibre en acides gras. Il s'agit donc de garder tous les atouts d'un mode alimentaire de qualité, en évitant seulement les excès de produits énergétiques purifiés.

* Pr Christian Rémésy

Directeur de recherche, unité maladies métaboliques et micronutriments,

centre de recherche en nutrition humaine,

INRA - Clermont-Ferrand

Dr Béatrice VUAILLE - Avril 1998 - Source APRIFEL

APRIFEL - Agence pour la Recherche et l'Information en Fruits et Légumes frais

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