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« L’état de mal épileptique d’origine toxique et conséquences neurobiologiques. Prise en charge thérapeutique par des associations à base de kétamine »

Les intoxications par les inhibiteurs de cholinestérases de type organophosphoré (OP), qu’ils soient des agents de guerre, neurotoxiques organophosphorés (soman par exemple), ou des organophosphorés pesticides (paraoxon par exemple), constituent toujours un danger notable pour la population militaire et civile. Une intoxication sévère par ces agents affecte les sphères cardio-vasculaire, respiratoire ainsi que le système nerveux central (SNC) où elle peut aboutir à un état de mal épileptique (EME), une urgence médicale.

Si l’EME n’est pas stoppé rapidement, il peut devenir auto-entretenu. L’EME est alors généralement réfractaire aux traitements classiques par les benzodiazépines (EMER). L’accroissement des contraintes de prise en charge en ambiance chimique entraîne une augmentation des délais avant médicalisation primaire (relève et évacuation vers le niveau 1 de soutien sanitaire – poste de secours) et avant prise en charge médicale plus complète (échelons 2 et 3). En conséquence, et sans remettre en cause l’importance d’un traitement anticonvulsivant initié dans les cinq premières minutes de crise, il est essentiel de disposer de moyens thérapeutiques pour faire face à cette urgence neurologique en pré-hospitalier. A moyen et long termes, les conséquences d’un EME sont des déficits d’ordre neurologique et cognitif ainsi que le développement d’un phénomène d’épileptogenèse aboutissant à la « maladie épileptique »  se manifestant par de crises spontanées récurrentes parfois pharmacorésistantes. Les drogues antiépileptiques, si elles sont capables d’arrêter les crises épileptiques et de prévenir les lésions cérébrales associées à ces crises, ne sont pas toujours capables de prévenir ces conséquences. Les caractéristiques d’un hypothétique antiépileptique idéal susceptible de contrôler rapidement les EME tonico-cloniques sont clairement identifiées mais aucune molécule ne répond aujourd’hui à ces critères. Dans les situations opérationnelles décrites, la kétamine présente néanmoins de nombreux avantages. Utilisable par toutes les voies, d’action très rapide et relativement courte, très peu apnogène, stimulant cardiovasculaire permettant une utilisation chez le patient choqué, elle a toute sa place pour la sédation en milieu pré-hospitalier. Dans cette communication nous présenterons les arguments expérimentaux que nous avons obtenus dans différents modèles animaux démontrant les excellentes potentialités de cette molécule en association avec le sulfate d’atropine et d’autres molécules.Pr Frédéric DORANDEU, Pharmacien en Chef, professeur agrégé du Val-de-Grâce, Chef du département de toxicologie et risques chimiques de l’Institut de Recherches Biomédicales de l’Armée (IRBA), Antenne de la Tronche, Centre de Recherches du Service de Santé des Armées
Ce sujet fera l'objet d'une communication demain Mercredi 1er février 2012 à 14 h 00 à l'Académie nationale de Pharmacie

Descripteur MESH : Kétamine , Thérapeutique , Organophosphorés , Système nerveux central , État de mal épileptique , Système nerveux , Guerre , Intoxication , Soman , Population , Paraoxon , Pesticides , Communication , Médicalisation , Toxicologie , Santé , Modèles animaux , Animaux , Maladie , Face , Crises épileptiques , Benzodiazépines , Association

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