Indépendance des facultés de médecine : le FORMINDEP distribue les bonnets d'âne.

illustrationLes étudiants en médecine ne sont pas ou peu protégés de l'influence de l'industrie pharmaceutique au cours de leur cursus médical selon une étude publiée hier dans la revue PLOS ONE.

C'est l'association FORMINDEP, qui milite pour une indépendance de la formation et de l'information médicale qui est à l'origine de cette initiative. Elle s'est associée pour l'occasion à l' Association nationale des étudiants en médecine (ANEMF) pour évaluer la politique de prévention des conflits d'intérêts des 37 facultés de médecine française. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les résultats obtenus ne sont pas brillants puisque seules 9 facultés ont pris quelques initiatives pour un obtenir au mieux un score de 5 sur 26 points possibles et que 28 facultés obtiennent bon un zéro pointé faute de mesure prises ou de réponse au questionnaire adressé au doyen. Autant dire que le classement, qui positionne Lyon Est en tête, reste à ce niveau anecdotique.

Pour les auteurs, en dépit de la législation de 2011 qui impose aux facultés une limite et la plus grande transparence sur les financements ou les dons qu'elles reçoivent des industriels de santé, nous avons trouvé peu de preuves que la protection des étudiants en médecine contre une influence commerciale indue soit une priorité.

La méthodologie employée s’appuie sur les critères utilisés dans la Scorecard de l’American Medical Student Association (AMSA) qui évalue depuis 2007 les facultés américaines sur leur politique de prévention des conflits d'intérêts. 13 critères ont été définis et évalués de 0 à 2 en s'appuyant sur l'analyse des informations éventuellement publiées par chacune des facultés ainsi que par l'envoi d'un questionnaire au bureau des doyens et des contacts téléphoniques personnels. Les CHU ont été exclus du champ de l'enquête qui se limite aux 6 premières années d'études.

Les 13 critères retenus
1. Cadeaux (incluant les repas)
2. Relations de consulting (à l'exclusion de la recherche scientifique et des conférences)
3. Services de conférencier financés par l'industrie / bureaux de conférenciers
4. Honoraires
5. Ghostwriting (Signature d’articles rédigés par l’industrie pharmaceutique)
6. Déclaration des liens d’intérêt
7. Représentants commerciaux de l'industrie
8. Activités d'éducation à la faculté
9. Indemnisation pour les déplacements ou la participation aux conférences et réunions à l’extérieur de la faculté
10. Le curriculum des écoles de médecine (ou toute autre documentation sur les objectifs éducatifs / le contenu des cours)
11. Financement de l'école de médecine par l'industrie pharmaceutique.
12. Soutien éducatif de l'industrie aux internes pour la publication d'articles scientifiques.
13. Activités des facultés de médecine visant à promouvoir les politiques d'assurance-maladie dans les hôpitaux d'enseignement affiliés.

Si la situation des facultés françaises peut paraitre préoccupante, les résultats obtenus par les facultés américaines n'étaient pas meilleurs en 2007. Or 10 ans plus tard, la plupart des universités américaines obtiennent des A voire des B à leur évaluation annuelle.

Pour Paul Scheffer, doctorant en sciences de l’éducation, membre du Formindep " La majorité des universités américaines se sont hissées en haut du tableau. Et selon plusieurs études, les étudiants qui en sortent prescrivent différemment, d'une façon moins orientée par le marketing des firmes et plus favorable aux patients.

Pour le Formindep, l'intérêt de ce classement, c'est d'initier une prise de conscience afin d'inciter les facultés à mettre en place des gardes fous contre une présence trop massive des industriels lors du cursus initial des carabins.

En France "Malgré la fin du Mediator et les rapports parlementaires qui incitaient à des changements dans la formation initiale, pas grand-chose n'est fait, " déclarait Paul Scheffer à Franceinfo.

Les conflits d'intérêts constituent un risque sanitaire. Ils ne relèvent pas que d'une question morale. (La Troupe du rire )

Pour en savoir plus : 

Voir le classement
Méthodologie détaillée

Article de référence : Conflict of Interest Policies at French Medical Schools: Starting from the Bottom
Présentation de l'article par Paul Scheffer

Télécharger l'excellent livret de la Troupe du rire, collectif d'étudiant

 

Crédits pour l'illustration en tête du document "La troupe du Rire"

Descripteur MESH : Médecine , Industrie , Étudiants , Industrie pharmaceutique , Association , Universités , Rire , Politique , Classement , Conférences , Assurance , Éducation , Tête , Santé , Risque , Assurance maladie , Repas , Recherche , Patients , Objectifs , Marketing , Maladie , Législation , Conscience , Documentation , Hôpitaux , France , Écoles de médecine , Enseignement

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