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Vaccins pédiatriques : vers un retour du DT Polio ?

illustrationLa plus haute juridiction administrative a tranché si la loi rend obligatoire la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, un vaccin trivalent doit être commercialisé. La fin d’une polémique…et très probablement le début d’une autre, dans un contexte de méfiance grandissante autour de la vaccination obligatoire et des vaccins combinés.  Le ministère de la Santé dispose de 6 mois pour prendre les mesures nécessaires.

Le vaccin hexa : pas obligatoire mais incontournable

Alors que la loi n'impose que 3 vaccins chez les enfants de moins de 18 mois (diphtérie, tétanos et poliomyélite), aucun vaccin correspondant à ces 3 seules valences n'est actuellement commercialisé en France. Cette situation a été jugée illogique par le Conseil d’Etat, saisi par les 2 300 requérants qui avaient d’abord essuyé un refus du Ministère de la Santé.

Le vaccin trivalent qui ne contient que les valences DTP a en effet cessé d’être commercialisé en 2008. Celui qui est actuellement recommandé est un vaccin hexavalent qui ajoute aux vaccinations obligatoires, celles contre la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B (INFANRIX HEXA ). Il existe des vaccins tétravalents et pentavalents, mais ils sont en situation de quasi pénurie depuis 2015. Le recours au vaccin hexavalent est dès lors devenu incontournable.

C’est cette situation qui a provoqué de vives critiques au sein de l’opinion publique, alors que ce vaccin hexavalent était justement au centre d’une polémique. En 2015, une pétition très controversée, menée par le Professeur Joyeux, mettait en cause l’innocuité du vaccin, en raison notamment de la présence d’aluminium et de formaldéhyde. Elle exigeait la remise sur le marché d’un vaccin DTP polio sans aucune association. Elle avait alors recueilli plus d’un million de signatures. 

L'Infanrix hexa, toujours recommandé 

Notons que si le Conseil d'Etat accède finalement à cette requête, il rejette aussi et sans aucune ambiguïté les accusations contre les vaccins combinés. Il rappelle que ces vaccinations complémentaires (coqueluche, Haemophilus, hépatite B) sont toujours recommandées par le Haut conseil de la santé publique.

Vers le « tout obligatoire » ? 

Pour les laboratoires, proposer à nouveau un vaccin trivalent revient à développer un nouveau produit (nouvelle AMM, tests cliniques...) Dans ces conditions, on imagine mal comment le nouveau vaccin pourra être commercialisé dans les 6 mois comme l'impose le Conseil d'Etat. Il serait plus alors plus commode de changer la loi en rendant obligatoire les 6 valences. Gageons que les débats parlementaires et médiatiques raviveront la polémique sur les vaccins combinés et écorneront encore un peu plus la confiance des patients face à la vaccination obligatoire.

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