nuance

Détection des polypes colorectaux : les bons résultats de la coloscopie virtuelle

La coloscopie virtuelle a une efficacité comparable à la coloscopie conventionnelle pour détecter les polypes colorectaux d’au moins 6 mm de diamètre chez les patients à haut risque de cancer colorectal, indique une étude américaine publiée dans le New England Journal of Medicine.

La coloscopie virtuelle est une nouvelle méthode d’imagerie du colon dans laquelle le scanner hélicoïdal à sections fines est utilisé pour produire des images axiales bidimensionnelles à haute résolution de la muqueuse colique. Ensuite, grâce à l’ordinateur, des images tridimensionnelles du colon simulant celles obtenues par la coloscopie conventionnelle sont reconstruites.

Ces deux méthodes ont été comparées pour détecter des polypes colorectaux dans le cadre d’une étude prospective menée auprès de 100 patients à haut risque de néoplasie colorectale : 60 hommes et 40 femmes, d’âge moyen 62 ans.

L’équipe du Dr Matthew Barish de la Boston University School of Medicine a réalisé une coloscopie virtuelle juste avant la coloscopie conventionnelle. Un tube rectal a été inséré et de l’air a été insufflé dans le colon au niveau maximum tolérable. Du glucagon (1 mg) a été administré par voie intraveineuse avant de réaliser le scanner afin de minimiser le degré de spasme musculaire lisse et de péristaltisme, ainsi que pour réduire l’inconfort du patient.

En moyenne, le temps nécessaire à une colonoscopie virtuelle a été de 20 minutes pour le scanner, 30 minutes pour le traitement informatique de l‘image, et 10 minutes pour son interprétation.

Le colon a été vu dans son entier chez 87% des patients par colonoscopie virtuelle, chez 89 % des sujets par colonoscopie conventionnelle.

Au total, 51 patients avaient un examen normal à la coloscopie conventionnelle. Chez les 49 autres, 115 polypes et 3 carcinomes ont été mis en évidence.

La coloscopie virtuelle a trouvé les 3 cancers, 20 des 22 polypes qui avaient 10 mm ou plus de diamètre (91 %), 33 polypes sur 40 qui faisaient entre 6 et 9 mm (82 %). En revanche, pour ceux dont la taille était comprise entre 1 et 5 mm de diamètre, seulement 29 des 53 polypes (55 %) ont été correctement identifiés sur la coloscopie virtuelle.

La performance de la coloscopie virtuelle pour la détection des polypes hyperplasiques de 1 à 5 mm de diamètre était significativement plus faible que pour les polypes adénomateux de même taille : 48% vs. 67%. Concernant les polypes hyperplasiques et adénomateux de 6 à 9 mm, la sensibilité de la nouvelle technique d’imagerie était respectivement de 71 % et 90 %.

Les auteurs précisent que 19 faux-positifs ont été dénombrés par la coloscopie virtuelle : 9 pour des polypes entre 1 et 5 mm de diamètre, 8 entre 6 et 9 mm, et 2 de 10 mm et plus. Aucun résultat faux-négatif de cancer n’a été rapporté par la coloscopie virtuelle.

Globalement, toutes tailles de polypes confondues, la sensibilité par patient de la colonoscopie virtuelle a été de 82 %, sa spécificité de 84 %.

Source : N Engl J Med 1999 ; 341 : 1496-503.

Descripteur MESH : Coloscopie , Polypes , Radiologie , Patients , Risque , Muqueuse , Temps , Spasme , Polypes adénomateux , Péristaltisme , Boston , Méthodes , Informatique , Hommes , Glucagon , Femmes , Faux positifs , Colique

nuance

Recherche scientifique: Les +