Prélèvements nasopharyngés : l’académie de médecine souligne les risques de lésions et rappelle les bonnes pratiques

Prélèvements nasopharyngés : l’académie de médecine souligne les risques de lésions et rappelle les bonnes pratiques Avec près de 5 millions de prélèvements quotidiens réalisés dans le monde et 70 millions en France depuis le début de l’épidémie, le prélèvement nasopharyngé est devenu la méthode de référence tant pour le diagnostic de l’infection par le SARS-CoV-2 que pour les tests antigéniques.

 

Face aux dangers de la banalisation d’un geste devenu hebdomadaire pour certains, le collège scientifique a tenu à rappeler les précautions à observer et les risques encourus.

« Si certaines complications peuvent être considérées comme bénignes (désagrément, douleur ou saignement), de graves complications commencent à être décrites dans la littérature médicale depuis quelques semaines, notamment des brèches de l’étage antérieur de la base du crâne associées à un risque de méningite [1-3]. »

L’Académie nationale de médecine rappelle donc les bonnes pratiques à respecter :

– s’enquérir, avant tout prélèvement, d’éventuels antécédents accidentels ou chirurgicaux de la sphère ORL pouvant modifier l’anatomie des cavités nasales et sinusales, notamment les interventions concernant la cloison, le cornet nasal inférieur et les sinus de la face [4] ;

– ne pas placer la tête du patient en hyperextension lors du prélèvement, mais de la maintenir en position naturelle, le menton parallèle au sol ;

– introduire l’écouvillon en suivant horizontalement le plancher de la cavité nasale et ne le dévier en aucun cas vers le haut, en direction de la base du crâne.

De plus, elle recommande :

– de réserver la pratique des prélèvements nasopharyngés aux professionnels de santé formés pour la réalisation de ce geste dans des conditions techniques rigoureuses ;

– chez les enfants, de privilégier les prélèvements salivaires pour leur sécurité et leur acceptabilité ;

– de mettre en garde les utilisateurs d’autotests, l’autoprélèvement pouvant exposer à de faux négatifs lorsque l’écouvillonnage est trop timide et superficiel, mais pouvant aussi devenir dangereux lorsque l’écouvillonnage est trop profond et dirigé dans la mauvaise direction.

  1. Föh B et al. Complications of nasal and pharyngeal swabs - a relevant challenge of the COVID-19 pandemic? Eur Respir J 2020. dec 10 ; 2004004.
  2. Alberola-Amores FJ et al. Meningitis due to cerebrospinal fluid leak after nasal swab testing for COVID-19, Eur J Neurol. 2021 jan 21 ; 10.1111/ene.14736.
  3. Sullivan CB et al. Cerebrospinal Fluid Leak After Nasal Swab Testing for Coronavirus Disease 2019. JAMA Otolaryngol Head Neck Surg. 2020 dec 1 ; 146(12):1179-1181.
  4. Avis de l’Académie nationale de médecine - « Covid-19 : quels prélèvements pour quels tests ? », 17 février 2021

Descripteur MESH : Médecine , France , Diagnostic , Base du crâne , Crâne , Douleur , Sécurité , Santé , Littérature , Risque , Faux négatifs , Tête , Méningite , Coronavirus , Sinus de la face , Menton , Face

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