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Des cellules souches embryonnaires pour traiter les lésions médullaires

Des chercheurs américains sont parvenus à obtenir une amélioration notable de la fonction locomotrice chez des rats souffrant d’une lésion médullaire traumatique en leur transplantant dans la moelle épinière des cellules souches embryonnaires de souris.

Leurs travaux, publiés dans le numéro de Nature Medicine daté de décembre, montrent que ces cellules souches embryonnaires survivent et se différencient dans la moelle épinière lésée des rats greffés.

John Mc Donald et ses collaborateurs de la Faculté de médecine de l’Université Washington à St Louis (Missouri) ont provoqué, après laminectomie, un traumatisme de la moelle épinière thoracique exposée (D9-D10) en faisant tomber une bille de 10 grammes d’une hauteur de 25 mm.

Neuf jours plus tard, des cellules souches embryonnaires de souris ont été transplantées dans la moelle épinère de ces rats victimes d'une lésion médullaire traumatique expérimentale, chaque animal recevant quotidiennement de la ciclosporine pour prévenir un rejet.

Au total, un million de cellules ont été transplantées après avoir été cultivées quatre jours sans, puis quatre avec de l'acide rétinoïque. Cette même équipe a récemment montré que ce traitement permet d'obtenir des cellules souches embryonnaires exprimant des propriétés de cellules nerveuses in vitro, autrement dit qu'elles étaient sur la voie de la différenciation neuronale.

Deux à cinq semaines après la greffe, les chercheurs ont constaté que certaines des cellules transplantées avaient migré de part et d’autre du site de transplantation, sur une distance d’au moins 8 mm.

L’examen de la moelle cinq semaines après la greffe a par ailleurs montré que les cellules survivantes dérivées des cellules souches embryonnaires s’étaient principalement différenciées en oligodendrocytes (49 %), moins souvent en astrocytes (19%), et plus rarement (8%) en neurones, dont certains étaient présents au centre de la moelle épinière. Aucune tumeur ne s’est développée.

Contrairement aux animaux contrôles qui n’avaient eu que des injections d’un simple milieu de culture dans la moelle épinière, les rats qui avaient reçu une greffe de cellules souches embryonnaires pouvaient se tenir sur les pattes de derrière et se mouvoir partiellement en supportant leur propre poids.

" Une récupération motrice de cette importance n’avait jusqu’à présent été obtenue que dans des modèles animaux de traumatisme médullaire aigu ", jamais à une phase relativement tardive d’un accident de la moelle épinière. Les auteurs espèrent dans l'avenir pouvoir obtenir un contrôle vésical en augmentant le taux des cellules survivantes.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour expliquer l’origine du bénéfice locomoteur perceptible dès la 2e semaine chez les rats greffés. Il n’est cependant pas impossible qu’une augmentation de la myélinisation intervienne dans cette rapide récupération. En effet, l’immunohistochimie a montré que de nombreux oligodendrocytes réagissaient pour la protéine basique de la myéline, composant de la gaine de myéline.

Nature Medicine, Vol. 5, N°12, décembre 1999, 1410-12.

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