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Femmes et VIH

A l’initiative des laboratoires GlaxoSmithkline, une journée scientifique consacrée aux spécificités de l’infection à VIH chez les femmes était organisée hier à Paris. L’occasion d’aborder, plus que les différences entre hommes et femmes (même si les traitements et leurs effets indésirables ont fait l’objet de présentations), les questions purement féminines liées au virus (infections gynécologiques, grossesse). Un constat s’impose: le manque de données et d’études sur des cohortes féminines, ce qui a donné lieu à une réflexion sur la prise en charge des femmes VIH+.

L’histoire naturelle du SIDA nous dit que le risque de développer ce syndrome est plus élevée chez la femme que chez l’homme (risques d’exposition au virus plus élevé, partenaires masculins plus âgés donc plus susceptibles d’être contaminés) mais que ce risque devient comparable entre les deux sexes une fois le traitement antirétroviral amorcé.

Il a également été observé un accès aux soins moins prononcé pour les femmes (bien qu’elles soient dépistées plus tôt notamment à cause des tests effectués en cas de grossesse) car d’une manière générale, l’inclusion des femmes dans les essais thérapeutiques est peu fréquente (à cause de la lourdeur des prises en charge et de la moindre disponibilité des femmes).

Concernant les caractéristiques pharmacocinétiques des femmes vis à vis des traitements antirétroviraux (ARV), peu de recommandations émergent toujours du fait du peu d’études réalisées (à cause principalement des fluctuations hormonales et des risques liés aux grossesses).

La tendance est à une diminution de la clairance des ARV lipophiles (et donc à l’augmentation du risque de toxicité) liée à la masse graisseuse plus importante chez la femmes.

Toutefois, devant le nombre ridicule de femmes incluses dans les études, la conclusion est qu’il faut prendre en compte le paramètre sexe dans ces dernières pour vraiment pouvoir étudier la distribution des ARV dans l’organisme.

Concernant les risques liés à la prise d’ARV, il a été souligné les lipodystrophies engendrées par l’utilisation des ARV (notamment les inhibiteurs de protéase) et les risques de syndrome métabolique qui en dépendent (insulino-résistance, diabète, hypertension artérielle, athérosclérose).

D’une manière générale, il a été recommandé de faire très attention à l’apparition des lipodystrophies (notamment la lipoatrophie) chez la femme VIH+ sous traitement ARV ainsi qu’à l’apparition de tissu adipeux viscéral (obésité androïde) précurseur de risques cardiovasculaires.

L’importance de la prise en charge gynécologique des femmes VIH+ a été soulignée car les infections génitales à papillomavirus sont plus fréquentes et plus graves chez ces femmes (et également les cancers du col), de même que les autres infections gynécologiques qui favorisent la transmission du VIH.

Enfin la grossesse chez les femmes séropositives a été évoquée, notamment les problèmes de tolérance concernant surtout l’AZT, le 3TC, la névirapine (ou le d4T+ddl avec le risque d’acidose lactique), mais là encore force a été de constater le peu de données publiées sur la pharmacodynamique des ARV chez les femmes.

En conclusion de ces débats, il est apparu fondamental de revoir les critères d’exclusion des protocoles et des essais cliniques concernant l’entrée des femmes dans les études, afin de pouvoir prendre en compte leurs spécificités physiologiques et culturelles.

Source : 6ème journée annuelle GSK ‘’Femmes et VIH’’, 23 mai 2002, Paris

PI

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