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Maladie de Parkinson : une greffe de cellules embryonnaires porcines améliore l'état des patients

Une greffe de tissus mésencéphalique embryonnaire de porc dans le cerveau de patients atteints de la maladie de Parkinson améliore l'état des malades selon des travaux publiés dans le numéro de Neurology du 14 mars. Les scientifiques expliquent que cette xénogreffe constitue la première implantation de cellules porcines dans le cerveau humain.

La maladie de Parkinson est en partie causée par la diminution du nombre de neurones dopaminergiques dans le striatum. Des recherches antérieures avaient montré que l'implantation de cellules embryonnaires humaines dans cette partie du cerveau pouvait améliorer l'état des patients. Cependant, en raison de problèmes d'éthique relatifs à l'utilisation de cellules embryonnaires humaines, cette approche avait été abandonnée.

L'équipe du Dr S. Ellias (Boston University Medical Center) a donc envisagé l'utilisation de cellules embryonnaires de porc. Ils ont ainsi réalisé une transplantation de tissus mésencéphaliques embryonnaires de porc dans le cerveau de 12 patients souffrant de la maladie de Parkinson à un stade avancé. Une implantation chirurchicale unilatérale a été réalisée en 3 points d'un même hémisphère.

Afin de réduire les risques de rejet, 6 patients ont reçu de la cyclosporine pendant et après l'opération. Les 6 autres malades ont reçu des implants traités avec un anticorps monoclonal dirigé contre les protéines du CMH1 porcin. Les patients ont été suivis pendant 12 mois et des tests par PCR (Polymerase Chain Reaction) de détection de rétrovirus porcins endogènes ont été réalisés.

Les auteurs rapportent que la greffe a été un succès chez tous les patients. Aucun effet secondaire majeur n'a été noté. Les tests de contamination bactérienne ou virale étaient négatifs. De plus, aucune séquence nucléique caractéristique d'un rétrovirus endogène porcin n'a été mise en évidence à l'aide des tests de PCR.

L'information la plus marquante reste l'amélioration de l'état clinique des patients. Le stade de la maladie a été évalué à l'aide d'une échelle standardisée : l'Unified Parkinson's Disease Rating Scores, qui mesure les capacité motrices des malades et leur faculté à accomplir des tâches quotidiennes.

Les chercheurs ont noté une augmentation moyenne de 19 % des résultats obtenus à ces tests d'évaluation. Trois patients ont vu leur score augmenter de plus de 30 %. Les améliorations ont été progressives à partir du 3° ou 4° mois en général. Un communiqué de presse de l'American Academy of Neurology précise que ce bénéfice a duré au delà d'un an pour certains malades.

Cependant, l'IRM n'a pas détecté de croissance des neurones mésencéphaliques dopaminergiques ce qui fait dire aux auteurs que le nombre de neurones implantés suffisait à améliorer l'état clinique des patients. Les résultats obtenus sont comparables à ceux mesurés à l'issue des premières greffes de cellules embryonnaires humaines.

Le Dr Ellias souligne que "de nouveaux essais sont en cours afin de mieux évaluer les bénéfices cliniques et l'innocuité de cette approche. Des patients vont bientôt recevoir des quantités plus importantes de cellules embryonnaires porcines et certains résultats devraient être communiqués avant la fin de l'année.

Cette approche chirurgicale du traitement de la maladie de Parkinson pourrait être un complément aux traitement pharmacologiques basés sur l'administration de levodopa, dont l'efficacité au delà de 5 ans reste limitée. Néanmoins, les effets à long terme d'une telle xénogreffe sont aujourd'hui indéterminés.

Source: press release – American Academy of Neurology

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