Médicaments vitaux : les ruptures de stock se multiplient en France

illustrationSelon l'Agence nationale de sécurité du médicament, les pénuries de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), ont progressé de 30 % en un an touchant 530 spécialités pharmaceutiques. Les aléas logistiques sont loin d'expliquer à eux seuls le niveau record de ces ruptures d'approvisionnement.

L'ANSM définit les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur par les spécialités pharmaceutiques dont l’indisponibilité transitoire, totale ou partielle est susceptible d’entraîner un problème de santé publique en mettant en jeu le pronostic vital du patient ou en occasionnant une perte de chance importante.

Premiers médicaments concernés, les vaccins avec 20 % des ruptures. Suivent les préparations liées aux maladies du système nerveux (épilepsie, maladie de Parkinson) et enfin les anti-cancéreux terminent cette triste liste avec 15 % du total selon les chiffres révélés par le Parisien.

La responsabilité des industriels ne peut être éludée

Les raisons des difficultés d'approvisionnement sont multiples. En 2015, l'ANSM expliquait ces défaillances par :

- L’outil de production (44%), notamment à des retards de fabrication, perte de savoir faire, incident de production, capacité de production insuffisante
- Des difficultés d’approvisionnement en matière première (17%)
- Des défauts qualité produits finis (13%) et matières premières (5%)
- Des modifications d’AMM (8%).

La demande de produit pharmaceutique explose également sous l'effet du vieillissement de la population en Europe mais aussi en raison de l'accès au marché pharmaceutique d'une part de plus en plus importante de la population mondiale.

La loi de la République contre la loi de l'offre et de la demande

En cas de risque avéré, l'ANSM est tenue par loi  à « anticiper, informer, coordonner ». Elle peut alors être amenée à organiser la constitution de stock de sécurité et à restreindre la distribution aux seules pharmacies hospitalières.

Quant aux laboratoires pharmaceutiques, la loi les contraint d’informer l’ANSM de tout risque et de proposer des alternatives tout en accompagnant les professionnels de santé et associations de patients. Contrainte de pure forme ?

Comme la plupart des entreprises mondialisées, la pression des marchés financiers pousse les laboratoires pharmaceutiques à optimiser sans cesse leurs profits et ce faisant les éloigne de la philanthropie qu'on aimerait tant prêter à toutes les entreprises évoluant sur le secteur de la santé. La réduction des stocks, le travail à flux tendu sont des moyens pour y parvenir. Elles prennent alors des risques logistiques, qui, certes mettent les circuits d'approvisionnement sous tension et génèrent probablement quelques pertes financières. Mais ces ruptures de stock constituent un moyen de pression considérable sur les prix des médicaments.

Soyons clairs, les clients qui payent le mieux et le plus sont ceux qui sont approvisionnés en premier et à ce jeu là, la France n'est pas la mieux lotie.

Des prix parmi les plus bas d'Europe

Selon un communiqué du LEEM, les prix des médicaments remboursés ont reculé de 22.9% entre 1990 et 2010. En 2011,  EUROSTAT comparait les prix des médicaments en Europe. Si la France se positionnait en queue de peloton avec des prix 9% sous la moyenne européenne, l'Allemagne caracolait en tête avec des prix 29 % plus chers qu'ailleurs en Europe.

Les prix des médicaments remboursables sont, en France, les derniers prix industriels à être administrés par l’Etat. Ils font l'objet d'âpres négociations chaque année. Nul doute qu'au prochain round, les négociateurs français auront en tête les 530 ruptures de stock de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.

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