nuance

La PrEP peut désormais être prescrite par les médecins libéraux

illustrationDepuis le 1er juin tous les médecins peuvent prescrire la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un anti-rétroviral préventif contre le VIH destiné aux personnes séronégatives qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif dans des relations sexuelles « à risques » de transmission élevé. Jusqu’alors réservé au secteur hospitalier, ce traitement qui arrive en médecine de ville est remboursé à 100 % par l’assurance maladie.

Si 30 000 personnes suivent actuellement ce traitement en France, ce n’est visiblement pas suffisant pour endiguer l’épidémie de VIH. D’autant que plus depuis 2020, les indicateurs sont mal orientés probablement en raison de la surcharge des services hospitaliers et de la fermeture des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) : baisse de 10 % des dépistages et augmentation de 6 % des infections sexuellement transmissibles.

Concernant les PrEP, l’étude pharmaco-épidémiologique EPI-PHARE a montré une baisse de 36 % des délivrances et de 47 % des instaurations pendant le premier confinement. De plus, d’après Santé Publique France, 15 % des usagers de la PrEP n’avaient pas repris le traitement après ce confinement.

Selon la HAS, « Sa délivrance en médecine de ville permettrait d’en faciliter le recours et in fine, d’améliorer la prévention du VIH »

C’est donc pour faciliter l’accès à la PrEP que les autorités sanitaires ont décidé d’autoriser sa prescription à tous les médecins et particulièrement les médecins généralistes. Le public visé concerne d’abord les hommes homosexuels ou bi sexuels, mais aussi les transgenres et les travailleurs du sexe.

Pour guider les médecins dans cette prescription, la HAS a rassemblé au sein d’un même document toutes les informations nécessaires à un bon usage de la PrEP : conditions de prescription, contre-indications, effets secondaires, etc. En complément, la HAS recommande aux médecins de suivre une formation à distance ou une formation médicale continue et de s’appuyer sur les réseaux de santé expérimentés dans cette prise en charge, comme les CeGIDD ou les COREVIH (Coordination régionale de lutte contre l’infection à VIH).

La HAS souligne les contre-indications : personnes séropositives au VIH ou ne connaissant pas leur statut sérologique, insuffisance rénale ou hypersensibilité à certains composants de la PrEP. Des bilans sanguins (sérologie VIH, hépatite B, bilan rénal) sont recommandés avant d’initier la PrEP. La première prescription est réalisée pour 1 mois et les renouvellements de l’ordonnance pour 3 mois. La prise peut se faire en schéma continu ou discontinu, selon le profil et les besoins du patient. La consultation de prescription de la PrEP doit permettre de dépister et de traiter les infections sexuellement transmissibles.

Un module de formation disponible en e-learning est également disponible en libre accès sur le site https://www.formaprep.org/

Réponses rapides dans le cadre de la COVID-19 — Prophylaxie (PrEP) du VIH par ténofovir disoproxil/emtricitabine dans le cadre de l’urgence sanitaire

Descripteur MESH : Médecins , VIH Virus de l'Immunodéficience Humaine , Médecine , Personnes , Maladie , France , Santé , Sérologie , Services hospitaliers , Travailleurs du sexe , Médecins généralistes , Hommes , Lutte , Formation médicale continue , Santé publique , Sexe , Diagnostic , Hypersensibilité , Insuffisance rénale , Hépatite , Hépatite B

nuance

Pratique médicale: Les +