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Le gouvernement élude les revendications des syndicats qui manifestaient le 4 décembre

illustrationLe 4 décembre, 7 organisations syndicales représentant les professionnels de santé libéraux et hospitaliers manifestaient devant le ministère de la Santé contre la « casse du système de santé » et contre les mesures coercitives qui planent sur les soignants. S’ils ont bien été reçus, « de façon succincte », leurs revendications ont été poliment éludées. Les syndicats envisagent donc d’autres mobilisations dans les mois qui viennent pour peser de tout leur poids sur les programmes des candidats à l’élection présidentielle.

NOUS ATTENDONS DES MESURES IMMEDIATES ET UNE VISION À LONG TERME

Nous, organisations syndicales et collectifs, représentant la ville et l’hôpital, les personnels médicaux et paramédicaux, de toute génération, avons été reçus au ministère des Solidarités et de la Santé à l’issue de la mobilisation « Ensemble pour la santé » du 4 décembre 2021.

Rappelons que ce mouvement prend place dans un contexte épidémique d’ampleur que le monde de la santé a dû juguler malgré un manque de moyen et de considération patent. En effet, le fameux « Ségur de la Santé » dont les ministres et députés de la majorité se targuent a eu un effet délétère sur l’accélération de la dégradation continue de notre système de santé et la perte d’attractivité de l’hôpital public. Les hôpitaux continuent de se vider de leurs soignants, la médecine libérale continue à se paupériser, les patients ont toujours autant de difficultés à trouver un médecin traitant et à s’inscrire dans un parcours de soins. Tout ce bruit pour cela, a-t-on envie de dire…

À l’issue de la manifestation, nous avons été reçus de façon la plus succincte. Les problèmes que nous soulevons ont été éludés : pénurie des professionnels de santé sur tout le territoire, permanence des soins, reconnaissance du temps de travail, rémunération, absence de réel dialogue social — que ce soit avec les libéraux ou les hospitaliers ! Les seules réponses obtenues sont « on regarde », « on n’a pas de programme pour la santé, M. Macron n’est pas encore candidat » ou encore « les arbitrages se font à Matignon ». Pourtant de source officieuse il semble que les arbitrages sont faits par Matignon, et que la permanence des soins, sujet porté par tous, est un sujet que Matignon a décidé d’enterrer.

La souffrance et l’épuisement des professionnels de santé sont transsectoriels et toutes générations confondues : ville, clinique et hôpital ; médecins, paramédicaux et étudiants en santé. Nous ne pouvons accepter d’être les coupables expiatoires d’un système obsolète construit par les politiques et les administratifs, et qui est à bout de souffle. Nous sommes les victimes malgré nous de l’échec de politiques sanitaires successives, que nous avons voulu maintes fois redresser. La surdité de l’État a fini par écrouler le système : c’est une réforme systémique de la santé en France dont nous avons besoin, tout de suite !

À la question : que propose le candidat Macron pour le quinquennat à venir ? Aucune réponse n’a été apportée alors même que des thèmes de santé représentent un point de vigilance majeur pour les Françaises et Français en vue des prochaines présidentielles. Grande Sécu, réformes des retraites, statut des établissements publics de santé, les Français ont le droit de savoir.

Les professionnels de santé ont montré lors de la première vague que le terrain savait être créatif pour sauver la santé dans une crise sanitaire inédite. Il faut nous faire confiance !

Nous sommes tous engagés vers un même but : sauver la santé et apporter un juste soin en tout point du territoire à nos concitoyens. Les semaines et mois à venir seront l’objet d’autres mobilisations s’il le faut, en un mouvement qui va continuer à se développer.

Descripteur MESH : Syndicats , Gouvernement , Santé , Programmes , Soins , Mouvement , Permanence des soins , Bruit , Temps , Travail , Patients , France

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