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Urgences de Saint-Nazaire : 16,5 ETP promis après la menace de grève, l’épreuve des plannings commence

Urgences de Saint-Nazaire : 16,5 ETP promis après la menace de grève, l’épreuve des plannings commence À Saint-Nazaire, la menace d’une grève aux urgences a provoqué un tête-à-tête serré entre équipes et direction du centre hospitalier. Force ouvrière (FO) et la Confédération générale du travail (CGT) affirment avoir obtenu 16,5 équivalents temps plein (ETP) paramédicaux « de manière pérenne », ainsi qu’un renforcement de l’encadrement, ce qui a conduit à lever le préavis.[2][4] La séquence laisse toutefois une question centrale : comment ces ETP se traduiront-ils, concrètement, en soignants visibles sur les plannings, alors que la difficulté d’aval — l’accès à des lits d’hospitalisation après le passage aux urgences — demeure, selon FO, un ressort majeur de l’engorgement ?[3]

À retenir (lecture rapide)

- FO et la CGT annoncent 16,5 ETP pérennes et un renfort d’encadrement après négociation fin janvier 2026.[2][4]

- Le test immédiat porte sur la mise en œuvre : calendrier d’embauches et effectifs réellement présents sur les tableaux de service.[2][3]

- FO rappelle qu’un ETP n’équivaut pas automatiquement à « une personne », car l’impact dépend des organisations horaires.[3]

- La chambre régionale des comptes (CRC) Pays de la Loire décrit un service prévu pour 140 passages/jour, confronté à 160 dès l’ouverture puis à plus de 170 aujourd’hui, pour plus de 60 000 passages annuels.[5]

- L’ARS Pays de la Loire pérennise l’accès régulé nocturne en Loire-Atlantique (à compter du 13 juillet 2025) et évoque une baisse moyenne de 15 % des passages nocturnes, à confirmer sur une période plus longue.[6]

Une négociation accélérée par la menace de grève

Le mois de janvier 2026 sert de détonateur. D’après SaintNazaireNews.fr, les personnels votent un préavis de grève à compter du mercredi 28 janvier 2026, sur fond de difficultés de prise en charge et d’alertes sur la sécurité au travail.[1] Dans le même article, le média local rapporte qu’un « danger grave et imminent » a été déposé par FO auprès de la direction, avec l’objectif revendiqué « afin de protéger la santé mentale et physique des personnels des urgences ».[1]

Toujours selon SaintNazaireNews.fr, un événement du 9 janvier 2026 est présenté comme un déclencheur : « une patiente décédait aux urgences de Saint-Nazaire après un retard de prise en charge ».[1] Tel qu’il est relaté publiquement, cet épisode a nourri la mobilisation des équipes et la demande de renforts, dans un climat où l’activité et la charge émotionnelle sont déjà élevées.[1]

16,5 ETP annoncés et encadrement renforcé

Le 28 janvier 2026, FO indique que les agents des urgences ont décidé de ne pas faire grève « suite à l'obtention de 16,5 postes pérennes ».[2] La chronologie en dit long sur la tension : SaintNazaireNews.fr précise que le préavis, initialement positionné au 28 janvier, avait été repoussé « de 32h » pour laisser place à des discussions prolongées.[2]

Sur le périmètre de l’accord, la direction évoque, via SaintNazaireNews.fr, des ajustements ciblés, avec « des créations à l'accueil et sur le circuit court, sur la zone d'attente avant hospitalisation, et au niveau de l'encadrement ».[3] Dans un article daté du même jour, Saintnazaire-infos.fr confirme que FO parle de « 16,5 postes supplémentaires de manière pérenne » et cite une répartition principalement entre infirmiers, aides-soignants et encadrement.[4]

La mécanique, en revanche, n’est pas décrite comme instantanée. FO mentionne « une proposition d’accord qui doit encore être paraphée » et un « engagement de la Direction que les recrutements débuteront rapidement ».[2] Le curseur se déplace donc vers l’exécution : recruter vite, recruter durablement, et stabiliser les équipes.

ETP et effectifs réels : le décalage qui pèse sur les plannings

Le chiffre de 16,5 ETP appelle une lecture prudente, car il agrège des temps de travail, et non des « têtes ». FO le formule explicitement : « un ETP ne correspond pas mécaniquement à une personne embauchée ».[3] Le syndicat illustre le décalage par un exemple concret : « par exemple, un infirmier travaillant de 7h à 19h équivaut à 2,8 ETP ».[3]

Cette nuance devient décisive pour les équipes : une enveloppe d’ETP peut se traduire par davantage de contrats à temps partiel ou, à l’inverse, par moins de temps pleins, selon l’architecture des horaires. Dans un service d’urgences, où la couverture se juge heure par heure, c’est l’atterrissage sur les tableaux de service — et sa tenue dans la durée — qui mesurera l’effet réel de l’accord.[3]

Dans le même article, SaintNazaireNews.fr rappelle que les revendications initiales étaient plus élevées, « autour de 27 temps plein demandés pour un service d’environ 150 agents ».[3] L’accord annoncé constitue donc un infléchissement tangible, sans refermer le débat sur le dimensionnement lors des pics saisonniers et des périodes d’afflux.[3]

Le manque de lits d’aval, ressort structurel de la saturation

Au-delà des effectifs, FO insiste sur une contrainte qu’elle juge structurante : « le coeur du problème, ce ne sont pas les Urgences, mais le manque de lits d'hospitalisation derrière ».[3] Lorsque l’aval se bloque, les urgences cessent d’être un sas de tri et de premiers soins, pour devenir une zone d’attente prolongée. Cette transformation pèse à la fois sur les délais, sur la sécurité des prises en charge et sur l’usure professionnelle, car elle immobilise des soignants et des espaces au détriment des nouveaux arrivants.[3]

Cette lecture s’inscrit dans une trajectoire décrite par la CRC Pays de la Loire dans ses observations définitives (délibérées le 20 mars 2024). Le rapport rappelle que le service, prévu pour 140 passages par jour, a accueilli 160 patients en moyenne dès l’ouverture, « chiffre porté aujourd’hui à plus de cent soixante-dix passages par jour » ; il mentionne aussi « annuellement plus de 60 000 passages ».[5] La CRC précise par ailleurs qu’en 2021, l’accueil des urgences « accueille en moyenne 172 passages par jour, avec des pointes d’activité allant jusqu’à 267 passages quotidiens ».[5]

En toile de fond, les propositions de la Cour des comptes sur la crise des urgences reviennent sur cet engrenage entre saturation et hospitalisations en attente, rappelant que la fluidité de l’aval conditionne la capacité d’absorption des services d’accueil.[7]

Régulation nocturne : un levier territorial, des effets à stabiliser

À l’échelle de la Loire-Atlantique, la régulation nocturne de l’accès aux urgences s’est ajoutée aux réponses organisationnelles. Dans un communiqué du 10 juillet 2025, l’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire annonce la pérennisation, pour trois ans à compter du 13 juillet 2025, de l’accès régulé la nuit à l’ensemble des services d’urgences du département.[6]

Sur la période évaluée (13 janvier–12 juin 2025), l’ARS mentionne 4 833 personnes venues la nuit sans appel préalable au 15 ; après invitation à contacter le 15, 63 % ont finalement été orientées vers les urgences.[6] L’agence évoque aussi une baisse moyenne de 15 % des passages nocturnes « sur la même période par rapport à 2024 », tout en précisant que cette diminution « doit s'apprécier sur un intervalle de temps plus long pour être confirmée ».[6]

Localement, FO qualifie néanmoins la régulation nocturne de « mesure cosmétique » et maintient que le point de rupture demeure l’aval lorsque les lits manquent.[3] Dans les services, l’équation devient donc une affaire d’articulation : filtrer certains flux la nuit peut soulager, sans suffire si les patients continuent de rester « en attente de lit » dans les box.

Ce qui devra être suivi dans les prochaines semaines

Trois indicateurs, simples mais décisifs, permettront de juger l’accord au-delà de l’annonce.

D’abord, le calendrier : FO lie la réussite au « passage à l’acte », autrement dit à des recrutements effectivement lancés « rapidement » et à la capacité de pourvoir durablement les postes annoncés.[2][3]

Ensuite, l’effet sur l’organisation : l’accueil, le circuit court, la zone d’attente avant hospitalisation et l’encadrement sont explicitement cités comme cibles ; c’est sur ces points que se mesureront la continuité des prises en charge, la disponibilité réelle des soignants et la robustesse lors des pics d’activité.[3]

Enfin, la fluidité de l’aval restera le déterminant le plus structurant. Tant que les sorties vers les unités d’hospitalisation restent contraintes, les urgences continuent d’assumer une charge qui excède leur mission initiale, avec un effet cumulatif sur les délais et la fatigue des équipes.[3][5]

Dans un contexte plus large, les fermetures de lignes médicales observées à l’été 2024 et les enseignements de la décennie 2013-2023 sur l’activité et la capacité d’accueil replacent la situation nazairienne dans une tension de long terme : activité soutenue, ressources comptées et difficulté à maintenir la capacité d’accueil à hauteur des besoins. Dans un registre plus polémique, la mise en cause des organisations de soins de ville dans la crise des urgences illustre aussi la pluralité des lectures, parfois opposées, sur les responsabilités et les leviers d’action.[8][9][10]

Références

1. SaintNazaireNews.fr — « Saint-Nazaire : un préavis de grève déposé aux Urgences du Centre hospitalier » — 20 janvier 2026 — https://www.saintnazairenews.fr/news/saint-nazaire-un-preavis-de-greve-depose-aux-urgences-du-centre-hospitalier

2. SaintNazaireNews.fr — « Urgences de Saint-Nazaire : levée du préavis de grève après l’obtention de 16,5 postes » — 28 janvier 2026 — https://www.saintnazairenews.fr/news/urgences-de-saint-nazaire-levee-du-preavis-de-greve-apres-l-obtention-de-16-5-postes

3. SaintNazaireNews.fr — « Urgences de Saint-Nazaire : « le problème vient surtout du manque de lits d’hospitalisation » » — 29 janvier 2026 — https://www.saintnazairenews.fr/news/urgences-de-saint-nazaire-le-probleme-vient-surtout-du-manque-de-lits-d-hospitalisation

4. Saintnazaire-infos.fr — « Il n’y aura pas de grève aux urgences de l’hôpital de Saint-Nazaire » — 28 janvier 2026 — https://saintnazaire-infos.fr/il-ny-aura-pas-de-greve-aux-urgences-de-lhopital-de-saint-nazaire/

5. Chambre régionale des comptes Pays de la Loire — « Enquête sur l’accueil et le traitement des urgences à la cité hospitalière de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) » — Observations définitives délibérées le 20 mars 2024 — https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-07/ROD-2024-216-CHSN-Urgences.pdf

6. ARS Pays de la Loire — « Pérennisation de l’accès régulé la nuit à tous les services d’urgences de Loire-Atlantique à compter du dimanche 13 juillet 2025 » — 10 juillet 2025 — https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/perennisation-de-lacces-regule-la-nuit-tous-les-services-durgences-de-loire-atlantique-compter-du-0

7. Caducee.net — « Crise des urgences : les propositions de la Cour des comptes » — 20 novembre 2024 — https://www.caducee.net/actualite-medicale/16475/crise-des-urgences-les-propositions-de-la-cour-des-comptes.html

8. Caducee.net — « Urgences en crise : un été 2024 révélateur des failles structurelles » — 17 septembre 2024 — https://www.caducee.net/actualite-medicale/16420/urgences-en-crise-un-ete-2024-revelateur-des-failles-structurelles.html

9. Caducee.net — « Urgences 2013-2023 : plus d’actes, plus de patients, moins de capacité d’accueil » — 30 mars 2025 — https://www.caducee.net/actualite-medicale/16563/urgences-2013-2023-plus-d-actes-plus-de-patients-moins-de-capacite-d-accueil.html

10. Caducee.net — « Crise des Urgences : le Pr Jouve désigne les médecins libéraux comme responsables » — 27 août 2024 — https://www.caducee.net/actualite-medicale/16392/crise-des-urgences-le-pr-jouve-designe-les-medecins-liberaux-comme-responsables.html

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