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Le séquençage du génome : l'événement scientifique le plus important de l'année selon le classement de la revue Science

La revue Science vient de publier dans sa dernière édition le "palmarès" des dix avancées et découvertes majeures de l'année 2000. Les sciences biologiques occupent les premières places avec en tête les progrès du séquençage génomique et de nouvelles découvertes sur les ribosomes.

Cette année a été effectivement marquée par l'annonce fracassante du séquençage de la quasi-totalité du génome humain, néanmoins quelque peu entachée par la polémique autour de la contribution relative du laboratoire privée Celera et des laboratoires publics internationaux. Si cette annonce a fait les grands titres des journaux généralistes, d'autres avancées n'ont pas bénéficié du même écho, tel que le séquençage du génome de la drosophile (moucheron du vinaigre) et d'Arabidopsis thaliana, première plante séquencée. Il en est de même pour Ureaplasma urealyticum qui est responsable d'infections urinaires, Pseudomonas aeruginosa (infections nosocomiales), l'agent du choléra Vibrio cholerae, l'agent de la listériose Listeria monocytogenes ou encore le bacille de la lèpre Mycobacterium leprae.

Les projets de séquençage ont également permis d'intégrer plusieurs champs de la recherche autour d'une même thématique. Ces projets à grande échelle sont le résultat du travail conjoint de biologistes, informaticiens, ingénieurs, physiciens et mathématiciens.

La deuxième place du podium revient au ribosome, responsable de la synthèse des protéines. La grande sous-unité de cette structure est constituée d'ARN ribosomique (ARNr) et de protéines. Il a été montré cette année que le site catalytique actif du ribosome était constitué uniquement d'ARNr. Ce résultat, a priori anecdotique, revêt pourtant une grande importance. Il suggère en effet que le ribosome est un ribozyme, c'est à dire une molécule d'ARN capable de réaliser ces propres réactions chimiques. Ceci conforte l'idée selon laquelle l'ARN serait à l'origine de la vie sur terre et non pas les protéines.

Une autre avancée marquante a été la possibilité pour des cellules adultes de mammifères de donner naissance à plusieurs types cellulaires différents. On estime que cette technique pourrait à terme éviter l'emploi de cellules souches à visée thérapeutique. Par ailleurs, les techniques de clonage ont également permis de concevoir un embryon d'une espèce animale en voie de disparition.

D'autres découvertes dans le domaine de paléontologie, de la physique quantique et de l'astronomie ont été retenus par l'équipe rédactionnelle de Science.

L'équipe du journal souligne également des faits moins glorieux, comme les décès enregistrés lors d'essais de thérapie génique vraisemblablement prématurés et mal contrôlés. Dans la catégorie "supercherie", le prix "découverte de l'année en voie de disparition" a été décerné à la découverte du fossile de l'Archeoraptor qui se voulait être un animal situé entre le dinosaure et l'oiseau. Il était en fait constitué de l'assemblage de deux fossiles différents.

Source : Science, 22 décembre 2000.

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