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Cancer de la prostate hormono-resistant : prednisone vs flutamide

La prednisone devrait être préférée au flutamide dans le traitement du cancer de la prostate hormono-résistant progressif, selon une étude norvégienne parue dans le Journal of Clinical Oncology.

Le Dr S. Fossa, du Norwegian Radium Hospital à Oslo, et ses collaborateurs ont conduit une étude randomisée visant à comparer l’effet de la prednisone vs flutamide chez des patients souffrant d’un cancer de la prostate hormono-résistant.

Les auteurs ont comparé la progression de la maladie, la survie globale, et la qualité de vie chez des patients souffrant d’un cancer de la prostate hormono-résistant et traités soit par prednisone (5 mg, 4x/jour, par voie orale), soit par flutamide (250 mg, 3x/jour, par voie orale).

La réponse subjective a été évaluée en fonction de l’indice fonctionnel, de l’utilisation d’analgésiques, du besoin de recourir à un traitement palliatif alternatif. La réponse biochimique est basée sur une réduction ≥ 50 % de la PSA (Prostate-specific antigen). La qualité de vie a été évaluée avant le traitement et toutes les six semaines durant celui-ci en se basant sur le questionnaire C-30 de l’European Organisation for Research and Treatment of Cancer.

L’étude montre qu’il n’y a pas eu de différence entre les groupes concernant le temps à progression médian (prednisone : 3,4 mois; flutamide : 2,3 mois) ou concernant la survie globale (prednisone : 10,6 mois ; flutamide : 2,3 mois).

Une réponse subjective a été retrouvée pour 56 % des patients du groupe prednisone, comparé aux 45 % du groupe flutamide (P = 0,18).

Une réponse biochimique a été observée chez 21 % des patients traités par la prednisone, comparé au 23 % des ceux traités par le flutamide.

La toxicité gastrointestinale a été responsable d’arrêt du traitement pour 7 patients du groupe flutamide et 2 patients du groupe prednisone.

Les paramètres d’évaluation de la qualité de vie penchent en faveur de la prednisone, avec des différences significatives au niveau de la douleur, de la fatigue, de la perte de l’appétit, des troubles gastro-intestinaux et de la qualité de vie globale.

Les auteurs concluent que dans le cancer de la prostate symptomatique hormono-résistant, un traitement par la prednisone ou le flutamide conduit à un temps à progression et à une survie globale similaire. Il n’y a pas de différence concernant la réponse subjective ou biochimique mais les résultats sur la qualité de vie favorisent un traitement de ces patients par la prednisone. De plus, ce dernier est meilleur marché.

Source : J Clin Oncol 2001 ; 19 : 62-71

Descripteur MESH : Prednisone , Prostate , Flutamide , Tumeurs de la prostate , Patients , Qualité de vie , Vie , Survie , Temps , Douleur , Fatigue , Maladie , Radium

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