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Cancer du côlon : un index de perfusion doppler hépatique pour identifier les patients à haut risque de récidive

Un index de perfusion hépatique, déterminé par échographie doppler, est un très bon indice prédictif du risque de récidive chez les patients opérés d’un cancer du côlon. Ces données, étonnantes et potentiellement importantes en termes de suivi thérapeutique, sont rapportées une équipe britannique.

Cette méthode non invasive est basée sur la détermination du DPI hépatique (doppler perfusion index) défini comme le rapport du flux sanguin dans l’artère hépatique sur la somme du flux sanguin dans l’artère hépatique et la veine porte, une valeur de 0,30 ou plus étant considérée comme anormale (limite supérieure de la normale : 0,26). Selon les auteurs, il est possible que des métastases hépatiques induisent une augmentation de la résistance vasculaire hépatique, conduisant à une réduction du flux sanguin veineux portal et une élévation compensatrice du flux hépatique artériel.

Le Dr Edward Leen et ses collaborateurs de la Royal Infirmary de Glasgow avaient auparavant montré que les métastases dans le foie sont associées à un DPI augmenté, ce qui suggère que la détection de changements dans le flux sanguin hépatique pourrait servir à détecter la présence de métastases occultes.

Ces investigateurs ont étudié 120 patients qui ont subi l’ablation de leur tumeur colo-rectale. Le DPI a été mesuré avant chirurgie par échographie doppler couleur. Cet examen prend 30 minutes.

Les résultats, publiés dans The Lancet, montrent que le DPI peut être utilisé pour prédire le pronostic à 5 ans après chirurgie potentiellement curative. Ainsi, seuls 22 % des patients qui avaient un DPI anormalement élevé étaient indemnes de maladie, contre 89 % des patients qui avaient un DPI normal. Les taux de survie étaient par ailleurs respectivement de 29 % et 91 % (p<0,0001).

De plus, les patients avec DPI normal avaient un bon pronostic, indépendamment du stade de la tumeur selon la classification de Dukes. De même, les patients avec DPI anormalement élevé avaient un mauvais pronostic, quelque soit le stade de Dukes.

Le DPI s’avère donc curieusement plus sensible pour réduire le risque de récidive que les méthodes d’imagerie conventionnelles, comme l’échographie standard, le scanner ou l’IRM.

Certaines variations anatomiques dans la vascularisation hépatique artérielle pourraient poser problème dans la mesure du DPI, notamment en cas de double apport artériel ou d'artère accessoire. Dans ces situations particulières, il se pourrait que cet examen conclut à tort à l'absence de métastases occultes. De même, la mesure du DPI pourrait être affectée par la présence d'une cirrhose. Aucun des patients inclus dans l'étude n'était cirrhotique.

La détermination du DPI est une technique " opérateur-dépendant ". Il importe donc former des radiologues à sa pratique et de s’assurer de sa reproductibilité avant qu’une étude multicentrique, comportant un grand nombre de patients, ne soit rapidement entreprise pour confirmer ces résultats potentiellement très importants car permettant d'identifier quels sont les patients les plus susceptibles de bénéficier d’une chimiothérapie adjuvante.

Source : Lancet, 1er janvier 2000, vol.355, 34-7, 5-6.

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