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Complications vasculaires du diabète : un mécanisme biologique identifié

Des chercheurs américains viennent de mettre à jour un mécanisme biologique qui pourrait expliquer les complications vasculaires rencontrées par les patients diabétiques.

Ces travaux ont été réalisés par l'équipe de Jose Halperin (Harvard Medical School, Boston) ainsi que par des chercheurs du Brigham and Women's Hospital (Boston) et du Joslin Diabetes Center de Boston. Leurs résultats viennent d'être publiés dans le dernier numéro de Proceedings of the National Academy of Sciences.

Ces auteurs rappellent que "la néphropathie, la rétinopathie et une accélération de l'athérosclérose sont les caractéristiques des complications à long terme du diabète". Les modèles animaux étudiés aujourd'hui présentent quelques-unes de ces complications mais aucun ne reproduit la combinaison de ces affections. Un mécanisme biologique, qui serait propre à l'homme, semble être à l'origine de cette différence.

La majorité des complications vasculaires chroniques chez le diabétique sont liées à une augmentation de la prolifération cellulaire. Cette prolifération est sous le contrôle de facteurs de croissance. Ils peuvent être libérés par la fixation d'un complexe protéique sur la membrane des cellules endothéliales. Ce complexe, nommé MAC (Membrane Attack Complex) est formé des protéines activées du complément C5b et C9 : organisé sous forme de pore, ce complexe se fixe sur la membrane des cellules endothéliales et entraine la libération des facteurs de croissance qui stimulent la prolifération cellulaire.

La formation du complexe MAC est inhibée par la protéine membranaire CD59. Les chercheurs se sont intéressés à cette protéine et à la façon dont elle pouvait être modifiée chez les diabétiques.

En effet, comme un taux élevé de glucose entraîne une glycosylation (fixation de glucose) des protéines, les scientifiques ont supposé que cette glycosylation pouvait inhiber la fonction de la CD 59 et donc favoriser la formation du Mac et la libération de facteurs de croissance.

Les chercheurs ont montré que la protéine CD59 glycosylée existe in vivo puisqu'elle est retrouvée dans l'urine de patients diabétiques (mais pas chez des non-diabétiques).

De plus cette forme glycosylée est incapable d'inhiber la formation du complexe MAC et est associée à une augmentation de la libération des facteurs de croissance provenant des cellules endothéliales.

Selon les auteurs, ces résultats suggèrent qu'une fraction de CD59 soit glycosylée et donc inactivée chez les diabétiques. Cette inactivation entraînerait une augmentation de la sensibilité des cellules endothéliales au MAC et faciliterait donc la libération de facteurs de croissance qui contribue au développement des complications vasculaires.

Cette étude permet aussi d'expliquer les différences notées entre les modèles animaux et l'homme. En effet, la protéine CD59 humaine présente une séquence de glycosylation qui est absente chez l'animal.

Ces résultats pourraient aider les chercheurs à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques et de meilleurs modèles animaux.

Source : PNAS 2000;97(10):5450-5455

Descripteur MESH : Diabète , Patients , Croissance , Cellules , Cellules endothéliales , Animaux , Boston , Glycosylation , Modèles animaux , Glucose , Prolifération cellulaire , Protéines , Accélération , Athérosclérose , Complément C5b , Urine

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