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Le déterminant cytotoxique du virus Ebola a été identifié

Des chercheurs du National Institute of Health américain (NIH) ont montré que la glycoprotéine GP du virus Ebola est responsable de pathogénicité du virus. Un site de glycosylation de la protéine GP, le "mucin like domain", est un élément essentiel à la cytoxicité. Par le biais de cette région, la protéine GP du virus Ebola contribuerait aux processus hémorragiques chez les personnes infectées.

Les épidémies de virus Ebola sont rares mais associées à une mortalité élevée qui peut conduire à 90 % de décès chez les personnes infectées. La fièvre, des hémorragies et un choc hypotensif caractérisent les derniers stades de l'infection. Cependant, la pathogénicité de ce filovirus est encore mal expliquée.

Une équipe de recherche dirigée par le Dr G.Nabel (NIH, Bethesda, USA) vient d'identifier la glycoprotéine virale comme étant responsable des effets cytotoxiques et notamment du caractère hémorragique de l'infection.

Z. Yang (principal auteur de cette étude) et ses collaborateurs n'ont pas travaillé sur des souches virulentes de virus qui nécessitent un environnement de haute sécurité (niveau P4). Ils ont utilisé des vecteurs dans lesquels ont été insérés des gènes viraux (souche Zaïre), en l'occurrence le gène codant la glycoprotéine GP. Cette protéine est incorporée au virion.

Leurs travaux ont fait l'objet d'une publication dans le journal Nature Medicine du mois d'août.

L'expression de GP induit des effets cytotoxiques dans des cellules endothéliales humaine in vivo et in vitro. Cette propriété a été démontrée à la fois sur des cellules en culture et sur un système de culture de vaisseaux sanguins explantés. Les auteurs ont noté un destruction massive des cellules endothéliales ainsi qu'une augmentation critique de la perméabilité vasculaire.

Le caractère majeur de la toxicité de GP réside dans son domaine mucine puisque la délétion de ce dernier abolit ces effets sans pour autant affecter l'expression ou les autres fonctions de la protéine.

"En plus de diriger le virus sur des types cellulaires spécifiques, la glycoprotéine GP induit des lésions dans ces cellules lorsqu'elles synthétisent cette protéine", notent les chercheurs.

Aucun traitement ou vaccin n'est actuellement disponible contre le virus Ebola mais Yang et al soulignent que le développement d'inhibiteurs de la cytoxicité médiée par cette glycoprotéine pourrait limiter l'effet létal de l'infection.

"La réduction de ces effets cytotoxiques pourrait fournir suffisamment de temps pour générer une réponse immunitaire appropriée qui éliminerait le virus", concluent les chercheurs du NIH.

Source : Nat Med 2000;6:886-889

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