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La télémédecine au chevet de la médecine d'urgence en Syrie

Depuis fin 2012, un service de télémédecine peu onéreux, basé sur des applications gratuites, permet de dispenser des traitements efficaces et de sauver des vies dans des zones de guerre en Syrie où les médecins manquent. C'est la conclusion d'un rapport publié dans the Annals of the American Thoracic Society par les médecins Craig Weinert et Anas Moughrabieh, de l'université du Minnesota

En dépit d'infrastructures médicales modernes notamment dans les grandes villes, les capacités opérationnelles du système de santé syrien ont été sévèrement impactées par la guerre : des centaines de médecins ont été tués ou contraints de s'exiler, de nombreux hôpitaux ont été détruits. Un an après le début du conflit il ne restait plus que 35 médecins pour soigner les 2.5 millions d'habitants de la ville d'ALLEP. Même les unités de soins intensifs intactes étaient rendues inopérantes par le manque de personnel médical.


Aux Etats unis, celà fait plus de 10 ans que des services de télémédecine par Internet sont régulièrement utilisés notamment dans les unités de soins intensifs. Des recommandations pour la pratique clinique existent même pour les infirmières et la tele-ICU est en passe de devenir pour elles une spécialité officielle.


C'est donc presque naturellement que les auteurs du rapport ont eu l'idée de mettre à profit cette expérience de télémédecine dans les zones ravagées par la guerre en Syrie. Après avoir reçu un soutien financier de 30 000 dollars d'organisations humanitaires, le Dr Moughrabieh a commencé par constituer un réseau de médecins bénévoles arabophones vivant en Amérique du Nord susceptibles d'établir des diagnostics à distance. Il a ensuite recruté 17 infirmières syriennes pour une semaine de formation en turquie. Apres un apprentissage à l'usage de matériel médical, les infirmières ont été formées à la présentation de cas cliniques sur des applications gratuites comme WhatsApp, Viber, Google Hangout ou skype ainsi qu'à la bonne compréhension et la mise en œuvre de protocoles de soins reçus à distance. Elles sont chacune reparties en Syrie non seulement avec du matériel médical mais aussi avec un téléphone satellite, un portable et un casque/micro bluetooth.


Copie d'écran d'un smartphone d'un médecin avec l'application Viber

Encouragés par des premières résultats probants, le programme de télémédecine a rapidement été étendu à d'autres unités de soins intensifs mais également à d'autres services médicaux notamment à Allep. Il met désormais en œuvre une application de dossiers médicaux électroniques hébergés dans le cloud. Au bout d'un an seulement, ce n'est pas moins de 90 patients par mois qui ont pu bénéficier ainsi du diagnostic et de protocoles de soins établis à plus de 10 000 km de distance par un groupe de 20 médecins assurant un service de garde.

Pour le Dr Moughrabieh, il ne fait désormais aucune doute que des programmes de télémecine opérationnels et bon marché peuvent rapidement être mis en œuvre dans les zones ravagées par la guerre.

http://www.atsjournals.org/doi/pdf/10.1513/AnnalsATS.201509-589OT

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