Hausse des carburants, le SAIIL demande l’ouverture de négociations pour les IDEL

Hausse des carburants, le SAIIL demande l’ouverture de négociations pour les IDEL Alors que les prix des carburants se sont envolés depuis plusieurs mois, le contexte de guerre aux frontières de l’Europe impacte les prix à la pompe qui ont atteint de nouveaux records. Pour les infirmiers libéraux qui ne peuvent se passer de leur véhicule, cela représente des pertes considérables qui pourraient aggraver les difficultés croissantes d’accès aux soins des habitants des zones rurales à l’habitat dispersé.

Dans sa lettre adressée le 07 mars au Président de la République, le Syndicat Autonome des Infirmières et Infirmiers libéraux (https://saiil.fr/) rappelle en premier lieu que la prise en charge par l’assurance maladie des indemnités kilométriques des infirmiers est la plus faible (0,35 €), comparée aux médecins (0,61 €) et aux kinésithérapeutes (0,38 €). En ville, l’écart ne cesse de se creuser entre l’indemnité forfaitaire de déplacement des médecins 10 € et celle des infirmiers bloquée à 2,50 €.

Considérant la demande d’extension aux infirmiers libéraux du dispositif de remboursement partiel de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, dont bénéficient les transporteurs et les chauffeurs de taxi, comme une attente bien illusoire, le SAIIL demande à Emmanuel Macron l’ouverture immédiate de négociations conventionnelles.

Le SAIIL attend du Président de la République qu’il inscrive cette demande au «plan de résilience économique et sociale» qu’il a demandé d’élaborer dans les prochains jours à son Premier ministre. Reprenant les termes d’Emmanuel Macron qui déclarait dans son allocution du 02 mars : « Face à ces conséquences économiques et sociales, je n’aurai qu’une boussole : vous protéger», le SAIIL martèle dans sa lettre :

Protéger les infirmiers libéraux, Monsieur le Président de la République, c’est avant tout protéger nos concitoyens les plus fragiles, les malades, les personnes âgées isolées, et plus encore ceux qui vivent dans les zones rurales frappées par le phénomène de désertification médicale.

Protéger le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie c’est arrêter d’opposer systématiquement aux demandes de revalorisations des infirmiers libéraux le volume important de leur activité pour justifier leur enfermement dans un niveau de rémunération horaire de 15,90 euros auquel il faut soustraire un taux moyen de frais professionnels de 42 %.

S’agissant de la prise en charge du grand âge et de la perte d’autonomie, un tel niveau de rémunération, corrélé à une hiérarchisation, des indemnités forfaitaires de déplacement, relevant elles aussi d’un autre âge, auront immanquablement pour effet d’entrainer un désengagement des infirmiers libéraux se traduisant par des refus de prise en charge.

Le SAIIL conclut sa demande en alertant le Président de la République sur le fait que ne pas intégrer à son plan de résilience économique un soutien financier de l’activité de soins à domicile des infirmiers libéraux, reviendrait à aggraver par effet domino les difficultés des établissements médico-sociaux avec lesquels ils collaborent. Il s’appuie sur une étude publiée en 2021 par Opinionway et l’Una qui montre que les refus de prises en charge de leurs structures adhérentes se sont accrus pour la troisième année consécutive. Pour 49 % des structures, la situation s’est encore plus fortement dégradée en 2020. Les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) ont déclaré un refus plus important des demandes de prises en charge en raison d’un manque de personnel. En moyenne, 14 % ont été refusées.

Crédit photo : DepositPhotos

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