Plus de 8% de chute du pouvoir d’achat pour les médecins généralistes libéraux en 2022

illustrationLes chiffres récemment publiés par la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF) révèlent une baisse significative des revenus nets des médecins libéraux pour l'année 2022. Selon ces données, les bénéfices non commerciaux (BNC) déclarés par les médecins, qui servent de base de calcul pour leurs cotisations CARMF, montrent un recul de 3,89 % par rapport à 2021. Cette diminution, couplée à une inflation de 5,22 %, se traduit par une perte conséquente de pouvoir d'achat, estimée à 8,66 %.

Cette baisse des revenus affecte de manière inégale les différentes spécialités médicales. Les médecins généralistes sont particulièrement touchés, avec une réduction de leurs revenus de 5,72 %. Cette baisse est plus marquée chez les généralistes de secteur 1, qui enregistrent la plus forte diminution observée depuis une vingtaine d'années, à hauteur de 5,68 %. Les généralistes de secteur 2 ne sont pas en reste, avec une baisse de 7,02 %.

Du côté des spécialistes, la situation est légèrement différente. Bien que leurs revenus soient également en baisse, la diminution est moins sévère que celle des généralistes. Les spécialistes de secteur 1 et 2 connaissent respectivement des baisses de 2,93 % et 2,17 %. Cette situation reste néanmoins plus favorable que celle observée en 2020, année marquée par la crise du Covid-19, où les baisses de revenus des spécialistes avoisinaient les 8 %.

Certains spécialistes subissent des baisses particulièrement significatives. C'est le cas des cancérologues, dont les revenus chutent de 7,11 % tous secteurs confondus, avec une baisse encore plus prononcée pour ceux en secteur 2 (-13,97 %). Les gynécologues médicaux et les gynécologues obstétriciens voient également leurs revenus diminuer de manière notable, respectivement de 6,56 % et 6,37 %.

Malgré ce contexte globalement défavorable, quelques spécialités enregistrent une augmentation de leurs revenus. Les médecins biologistes, les spécialistes de l’anatomie cytologie pathologique et les radiologues font exception à la tendance générale, avec des hausses respectives de 10,39 %, 7,75 % et 1,95 %.

Le Dr Lardenois, Président de la CARMF, exprime pour le Figaro son inquiétude face à cette baisse des revenus dans un contexte de raréfaction de l’offre de soins. Il note que la seule progression des revenus est constatée dans des spécialités à forte tendance à la financiarisation.

« Il est grand temps que le gouvernement se réveille et ouvre les yeux. Les actes sont sous-évalués par rapport aux coûts. Tout le monde pleure sur le manque de médecins, mais payez-les, respectez-les et vous aurez des médecins. De nombreux jeunes diplômés ne s’installent pas en raison du manque d’attractivité de la profession »


Alors que les médecins libéraux font face à une baisse significative de leurs revenus, la publication de ces chiffres tombe à pic, juste avant la reprise des négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie le 15 novembre. Cette situation financière préoccupante fournit un contexte pertinent pour ces discussions. Après un premier round infructueux et un règlement arbitral controversé, la frustration des médecins s'est manifestée dans une grève significative le 13 octobre. Les négociations à venir représentent donc une opportunité à ne pas louper pour aborder des enjeux majeurs et améliorer les conditions d'exercice des médecins en France.

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