Les chirurgiens sont prêts à en faire plus pour rendre leur bloc plus éco – responsable

illustrationLes chirurgiens français souhaitent s’impliquer davantage dans les « blocs » éco responsables : 63 % se sentent responsables de la gestion de leur bloc et 58 % ont mis en place ou prévoient de mettre en place des actions concrètes. Le principal frein reste cependant le manque de communication entre les chirurgiens et les établissements de santé.

C’est ce que révèle une enquête menée par l’Association Française de Chirurgie (AFC) entre le 5/11/2019 et le 5/01/2020 auprès de 342 chirurgiens en France.

Le constat est alarmant : en France, les établissements de santé génèrent 700000 tonnes de déchets chaque année et, le bloc est responsable de 20 % à 30 % des déchets produits, une opération chirurgicale classique génère plus de déchets qu’une famille de quatre personnes en une semaine », peut-on lire dans un récent rapport publié par les anesthésistes, pionniers sur le sujet.

Un constat que les chirurgiens digestifs partagent et qu’ils voudraient faire évoluer. En effet, ils ont envie de s’engager pour un « green bloc » en améliorant leurs pratiques. L’étude de l’AFC révèle que : 

  • 58 % d’entre eux ont mis en place ou prévoient de mettre en place un plan pour gérer les déchets issus du bloc
  • 63 % se sentent responsables de la gestion des actions éco responsables de leur bloc
  • 80 % font des gestes au quotidien pour réduire l’impact environnemental de leur bloc
  • Et ils sont 96 % à être convaincus de la nécessité de mettre en place des actions éco responsables

Parmi les actions éco responsables réalisées, le tri (73 %), les économies d’énergie (53 %) et la gestion des déchets (43 %), forment le trio de tête.

Mais les chirurgiens se sentent freinés par un manque de communication et de transparence de la part de leurs établissements :

  • Près de 40 % des chirurgiens ne sont pas informés des démarches éco responsables vis-à-vis des déchets, ce qui dénote d’un circuit d’information à améliorer entre chirurgiens et établissement.
  • 63 % des chirurgiens manquent d’information sur les pratiques
  • 50 % voudraient de l’aide de la part de leurs établissements de santé.

« Là encore, c’est un manque d’intelligence collaborative entre établissement et chirurgiens qui constituent un frein à l’amélioration des pratiques, et non pas une question de moyen, puis que le manque de ressources financières n’est un obstacle que pour 30 % d’entre eux », explique Patrick Pessaux Président de l’AFC et chirurgien viscéral aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS).

« Les directives sont peu claires ou insuffisamment partagées. Les mesures doivent être plus inclusives, car les chirurgiens prennent volontiers la responsabilité de rendre le Bloc plus vert », continue-t-il.

« Il est important que les sociétés savantes de chirurgiens comme l’AFC jouent un rôle de catalyseur pour faire avancer la gestion éco responsable des blocs. Cela fait partie de notre métier et de notre responsabilité. Nous voulons, à l’instar des anesthésistes, prendre une part active sur le Green Bloc. L’hôpital du futur sera vert ! », déclare Patrick Pessaux

L’AFC s’engage donc dans l’écoresponsabilité par :

  • la mise en réseau des acteurs ayant initié ou qui souhaitent initier une telle démarche
  • la sensibilisation et l’information aux professionnels de santé
  • la création d’une bibliothèque des mesures et des pratiques recommandées
  • et la tenue d’un congrès écoresponsable

Un exemple de Green Blocs : Aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg

Aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, tous les professionnels intervenant au bloc ont été impliqués, chirurgiens, anesthésistes, IADE, IBODE, IDE, aides-soignants. Via une action d’information, la création d’un groupe de réflexion et le lancement d’une enquête interne auprès des personnels de blocs, trois mesures phares ont été arrêtées :
– Valoriser les métaux à usage unique utilisés lors d’interventions par la mise en place d’une filière de recyclage dédiée
– Rationaliser les plateaux d’anesthésie pour lutter contre le gaspillage
– Réduire voire supprimer le protoxyde d’azote et les « gaz anesthésiants » qui sont de puissants gaz à effet de serre.

« C’est avant tout un travail d’équipe, à l’intérieur du bloc certes, mais également en amont en repensant les emballages et en aval en trouvant des filières de recyclage », conclut Patrick Pessaux.

Créée il y a 121 ans, l’Association Française de Chirurgie compte près de 2000 membres adhérents actifs. La société savante rassemble les spécialités chirurgicales viscérales : chirurgie oeso-gastrique, hépato-bilio-pancréatique, colo-rectale, endocrinienne, pariétale et bariatrique. Elle tient son congrès annuel du 27 au 29 mai 2020 au Beffroi de Montrouge — Paris, sur le thème de la simulation
Plus d’infos 
: www.congres-afc.fr et http://afc.chirurgie-viscerale.org

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